Counter Strike

La guerre triangulaire entre BLAST, Flashpoint et ESL pour la suprématie des compétitions sur CS:GO semble avoir trouvé son apothéose cette semaine avec la parution de l’Accord du Louvre par ESL. Celui-ci vient entériner un partenariat avec treize des meilleures équipes du monde.

Acculé par BLAST et Flashpoint, ESL a dû mettre la main à la pâte pour conserver sa souveraineté sur le monde très compétitif de Counter Strike.

L’éditeur de CS:GO, Valve, a toujours laissé les mains libres aux organisateurs de tournoi sur son titre phare, en n’intervenant que quand certains d’entre eux, notamment l’ESL, dépassaient une limite qu’eux seuls pouvaient connaître.

En décembre dernier, ESL et DreamHack annonçait le nouveau format de l’ESL Pro Tour, et ses cinq millions de dollars de cashprize. Cette semaine, l’ESL a publié l’Accord du Louvre, un document qui vient entériner le partenariat entre l’ESL et treize des meilleures structures de CS:GO, en plus de présenter tous les tenants et aboutissants de la nouvelle ligue.

L’Accord du Louvre, une franchise ouverte

Epinglé par Valve il y a quelques mois, ESL ne pouvait pas fermer complètement l’ESL Pro Tour et la laisser aux mains de quelques élues. L’organisateur européen de tournois esportifs a donc opté pour un hybride, en gardant quelques soupçons du système de franchises et une ouverture aux autres équipes.

Ca se traduit dans les faits par un partenariat de long terme avec treize équipes phares de CS:GO : Astralis, Complexity, ENCE, Evil Geniuses, FaZe Clan, Fnatic, G2 Esports, mousesports, Natus Vincere, Ninjas in Pyjamas, Team Liquid, Team Vitality et 100 Thieves, des équipes considérées comme l’élite sur CS.

Elles ne paient aucun droit d’entrée dans la ligue – à contrario de Flashpoint qui impose un prix d’entrée de 2 millions de dollars, et disposent d’un slot « permanent » dans la ligue (slot qui pourra être retiré si l’équipe termine dernière de son groupe en trois saisons sur quatre).

La Pro League étoffe son offre

La Pro League opposera 24 équipes (entre 13 et 16 équipes partenaires), 5 équipes des finales la saison 10 (Heroic, North, Renegades, Sharks Esports et TYLOO), deux équipes de la Moutain Dew League (ForZe, Boom) et quatre équipes issues de l’ESL World Ranking (Furia Esports, GODSENT, OG et Virtus.pro).

Les équipes de l’ESL Pro Tour auront certains droits et obligations, et l’ESL a dévoilé en grande partie les spécificités de l’ESL Pro Tour, que nous détaillons ci-dessous.

  • Le développement d’un World Ranking, qui sera d’ailleurs développé avec HLTV et la CSPPA (l’association des joueurs professionnels de CS:GO) et qui viendra mettre un terme au ranking ESL, qui souffrait déjà de sa comparaison avec l’illustre ranking d’HLTV.
  • Les équipes doivent participer aux compétitions avec leurs meilleures lineup.
  • Les équipes doivent promouvoir la Pro League et les événements du circuit.
  • Elles doivent fournir joueurs et coachs pour les interviews, et les joueurs doivent participer aux sessions de signatures et aux diverses activités prévues avec les fans.
  • Enfin, elles devront se référer au ranking de l’ESL Pro Tour.
  • Jusqu’à trois nouvelles équipes partenaires peuvent être ajoutées au partenariat, à la seule condition qu’elle recueillent deux tiers des votes des équipes déjà partenaires.
  • Les équipes partenaires ont le droit de transférer leur place dans la Pro League à une tierce partie (certaines restrictions peuvent néanmoins s’appliquer).
  • Le conseil d’administration sera composé de 3 représentants de l’ESL, 3 représentants des équipes partenaires et du commissaire, chacun disposant d’une voix. Le commissaire est élu par les équipes partenaires et l’ESL. Chaque représentant est élu pour un mandat de deux ans.
  • Le Conseil des joueurs, qui est établi en coopération avec la CSPPA, aura son mot à dire dans les questions relatives aux conditions de travail, aux normes des tournois et autres questions ayant un impact significatif sur les joueurs.

Revenus de la Pro League

  • 15% des revenus sont conservés par l’agence. Parmi les 85% restants, 25% sont partagés entre les équipes partenaires. Après déduction de tous les coûts d’opération, 65% des profits sont partagés avec les équipes partenaires.

Revenus des événements du circuit

  • 15% des revenus sont conservés par l’agence. Parmi les 85% restants, 5% sont partagés entre les équipes partenaires. Après déduction de tous les coûts d’opération, 10% des profits sont partagés avec les équipes partenaires.
  • La part de revenu de chaque équipe partenaire est basée sur le nombre d’événements auxquels elle a participé, les résultats de la compétition et l’audience.

Un petit pas pour Flashpoint, un bond de géant pour ESL

La ligue Flashpoint fait pâle figure à côté de l’ESL Pro Tour. L’ex B Site n’a pu s’accaparer que des équipes moins performantes et dont la puissance de frappe est bien moindre comparé aux Astralis, Liquid et cie.

Le fait même de constater que l’offre compétitive sur CS:GO est désormais détenue par plusieurs acteurs pourra contenter de nombreux fans, qui voyaient pour certains d’un mauvais oeil l’absence de concurrence face à ESL.

En publiant son Accord du Louvre, l’ESL Pro Tour marque un grand coup sur la scène de CS:GO et montre encore une fois que l’organisation européenne reste au-dessus. Mais il faudra attendre la fin de la saison 2020 pour tenir les comptes et statuer sur les bienfait de chaque ligue pour l’écosystème de CS.

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