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C’est une année particulière, vécue sous l’égide du Covid-19, que Vitality vient de traverser. Avec le départ d’ALEX en début d’année, obligeant apEX à reprendre le lead, l’équipe était loin de débuter l’année sous les meilleurs augures. Pourtant, le sang neuf apporté par Misutaaa et Nivera, la stratégie adoptée d’un roster à six, le lead d’apEX, liés au talent de ZywOo et à la main de maître de XTQZZZ ont permis aux V d’être et de rester la meilleure équipe du monde sur CS:GO en 2020. Les efforts et la régularité paient.

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XTQZZZ et ZywOo (© Team Vitality)

Après des résultats en dents de scie en 2019, Vitality doit confirmer pour 2020

Team Vitality sort d’une année 2019 mitigée. L’équipe a cumulé les excellents résultats en tournois A et B tier, mais a peiné à valider l’essai lors des rencontres internationales face aux meilleures équipes du monde – exceptions faites pour la saison 7 des ECS, l’ESL One Cologne, la DH Malmö et l’EPICENTER 2019.

Pourtant, loin de décevoir, les Vitality ont vogué vers la dixième place du classement d’HLTV sur la première moitié de l’année, avant de fondre sur la deuxième place du classement le 8 juillet 2019.

Si l’année a globalement souri aux Vita, ce sont Astralis et Team Liquid qui se sont disputés les lauriers de la meilleure équipe du monde. Malgré quelques couacs, le roster danois a remporté les deux Major de l’année (IEM katowice et le StarLadder de Berlin), tandis que les nord-américains ont dû se contenter des premières places aux autres tournois.

En octobre, Vitality devient la seule équipe 100% française à concourir au plus haut niveau international, G2 Esports et Ocelote ayant décidé d’abandonner les tentatives de roster à la française, jugées inefficaces pour truster le top niveau.

Pourtant, l’équipe au logo de l’abeille a elle aussi modifié son roster : début septembre, Nathan « NBK- » Schmitt est placé sur le banc des remplaçants, et Vitality rachète le vétéran Richard « shox » Papillon à G2 Esports.

La consécration pour ZywOo, élu meilleur joueur du monde

Vitality termine son année 2019 sur une victoire en finale de l’EPICENTER contre mousesports. Les joueurs profitent du calme des fêtes de fin d’année, avant de repartir à l’entraînement pour préparer la saison régulière du BLAST Premier.

Deux semaines avant le retour à la compétition, et comme chaque année depuis 2013, HLTV met à jour son classement du meilleur joueur du monde sur CS:GO. Cette année, trois noms se murmurent dans les coulisses. Evidemment, celui du meilleur joueur du monde de 2018, l’ukrainien Aleksandr « s1mple » Kostyliev, le monstre mécanique des Natus Vincere. Le danois Nicolai « dev1ce » Reedtz, l’homme fort d’Astralis et vice-champion 2018. Enfin, l’homme prodige, le français révélé sur la scène internationale, notre Zinedine à nous, Mathieu « ZywOo » Herbaut.

Le joueur racheté par Vitality à aAa pour des clopinettes – 100 000 € tout de même – a fait émerger avec sa nouvelle équipe tout le talent potentiel que l’on devinait déjà de ses prouesses sur la scène française.

Ses moves ont fait le bonheur des Youtubers avides de highlights, et en fin d’année 2019, analystes, casters et aficionados de CS en tous genres murmuraient déjà son titre de meilleur joueur du monde.

Le classement d’HLTV en a apporté les preuves. Devant dev1ce, mais surtout devant le champion en titre de 2018, S1mple. Une consécration pour le jeune joueur français, mais aussi un fardeau à porter pour le reste de l’année 2020. Comme le notait très justement le coach XTQZZZ dans l’entretien qu’il a donné à nos confrères de MGG, le joueur, en l’occurrence ZywOo, « va s’approprier cette idée et se dire qu’il n’a pas le droit de rater un match. Alors qu’on a tous le droit de rater un match […] Sauf qu’aujourd’hui, pour l’instant, ZywOo qui rate un match, c’est anormal pour tout le monde. »

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Le boss himself, Zinedine ZywOo (© HLTV)

Un titre mérité pour le prodige français, mais qui aura aussi un impact sur le stress de ZywOo pour le reste de l’année 2020.

La pandémie du Covid-19 ampute la scène CS:GO de compétitions offline

Une Spodek Arena vide pour les IEM Katowice 2020 sur CS:GO. C’est l’image forte de ce début d’année 2020, annonciatrice du bouleversement que vivra la scène professionnelle du FPS de Valve pour le reste de l’année.

Dès le début du mois de mars, les gouvernements du monde entier sont contraints de confiner leurs populations, et de très nombreux secteurs subissent de fait une chute de leurs activités. L’esport offline en fera les frais, avant de passer exclusivement en compétitions online.

Peu après le sacre de Natus Vincere aux IEM, Vitality, qui vient de terminer dixième à cette compétition, prend un tournant décisif.

On apprendra plus tard que l’in-game leader de l’équipe, Alex « ALEX » McMeekin, avait décidé de quitter le roster de Team Vitality. Cette décision découlait du calendrier de la scène de CS, qui avait contraint les joueurs à enchaîner les compétitions dans plusieurs pays du monde en 2019, avec les voyages en avion, le décalage horaire que cela supposait et de la fatigue qui l’accompagnait. Ne pouvant plus tenir ce rythme effréné, ALEX a préféré se retirer du roster, laissant la place à un jeune rookie français, Kévin « misutaaa » Rabier.

Les problématiques liées au calendrier de CS:GO n’en finiront pas d’être mis sur la table. Plus tard dans l’année, les retraits pour cause de burnout de Lukas « Gla1ve » Rossander et Andreas « Xyp9x » Højsleth du roster Astralis, achèveront de mettre Valve et la scène devant les faits : ça ne pouvait plus durer comme ça.

Le passage au format online pour les compétitions de CS:GO, loin de régler le problème, amplifia parfois ce phénomène. L’exemple le plus flagrant reste certainement celui des français de Team Heretics, qui ont joué quatre match à la suite dans la même journée – ils concouraient en même temps au BLAST Risign 2020 et à l’ESL One Road to Rio.

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ALEX a désormais trouvé son bonheur chez Cloud9 (© Epic Esports Events)

Vitality enchaîne les secondes places, mais prouve sa régularité au plus haut niveau

Après un premier semestre plutôt moyen en termes de résultats (top 7-12, malgré un bon top 4 en Road to Rio et un titre de BLAST Showdown), c’est véritablement après le mois de juin que le roster de Vitality trouve enfin ses marques.

Si on balaie furtivement sous le tapis la contre-performance des Vita en saison 12 de l’ESL Pro League Europe, ils ont prouvé tout leur talent sur la scène internationale. A ceci près qu’on aurait espéré plus de titres de champions vu le nombre de finales disputées.

En sept compétitions, Vitality aura participé à cinq finales. Cinq finales, dont quatre perdues d’affilée. Il aura fallu attendre la fin du mois de novembre et un BO5 dantesque contre les Navi en finale des IEM Beijing d’Europe pour que soit enfin sacrée championne l’équipe.

Mais cette victoire en grande finale aurait-elle été possible sans la dernière décision de Vitality ?

Vitality opte pour un roster de six joueurs avec Nivera en soutien

En octobre, Team Vitality annonce un sixième joueur dans son roster, le belge Nabil « Nivera » Benrlitom, tout droit venu des Heretics. Un move que l’on connaissait depuis les premières annonces d’Astralis, mais qui s’imposait comme un véritable changement à la fois pour la scène de CS:GO et pour Vitality.

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Le maëstro (© Team Vitality)

Cette fois, l’objectif fixé n’était pas d’interchanger des joueurs en fonction de leur fatigue – ce qui pose au passage question sur l’écosystème actuel de CS:GO et pour le cas d’Astralis, de leur management – mais bien de créer la meilleure harmonie selon les cartes jouées. Nivera devient de fait l’homme providentiel sur Dust II et Inferno. Et les résultats suivent : un nouveau titre au BLAST Premier Fall face aux ogres d’Astralis.

A l’heure où j’écris ces lignes, Vitality s’apprête à jouer sa revanche contre Astralis lors des IEM Global Challenge, le dernier tournoi de l’année pour l’équipe au logo de l’abeille. Ce soir, l’une des deux teams remportera son ticket pour les playoffs.

Quelque soit l’issue de ce match, Team Vitality aura réalisé son pari fou : construire un roster francophone (cheh Carlos) digne de ce nom, devenu la meilleure équipe du monde en mois d’un an et qui compte bien enchaîner la saison 2021 avec des résultats aussi excellents.

Vitality est en marche pour écraser la concurrence sur CS:GO sur le long terme, et les fans français n’attendent que le retour des compétitions en LAN pour hurler tout leur soutien.

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