L’association des joueurs LCS NA instaure une règle sur le roster lock

L’association des joueurs LCS NA s’est réveillée sur les réseaux sociaux après 6 mois d’hibernation. Elle revient sur le devant de la scène en présentant une nouvelle règle qui permettra aux joueurs “libérés” par leur structure 48h avant le roster lock de disposer de 3 jours supplémentaires pour trouver une nouvelle équipe. Cette décision fait suite aux affaires Fenix, Altec et Adrian avec la structure Echo Fox.

bandeau league of legends

Une association des joueurs LCS NA, pourquoi faire ?

La mise en place du système de franchises en LCS NA s’est accompagnée de la création d’une association de joueurs professionnels. Cette décision a été prise et encouragée par Riot Games ; elle n’est donc pas une décision et une volonté des joueurs eux-mêmes. Celle-ci devait allouer à ces derniers plus de pouvoir et de voix pour les rendre acteurs de leur propre écosystème.

La décision de Riot Games a laissé planer le doute de conflits d’intérêts. En effet, malgré une bonne volonté affichée, on pouvait penser que Riot, par cette décision, souhaitait garder le contrôle sur ses joueurs.

Paradoxalement, c’est l’interview d’Hal Biagas, le directeur exécutif de l’association des joueurs LCS NA, réalisée par Travis Gafford qui nous en apprend le plus sur les objectifs de l’association. Pas de communication exceptionnelle de la part de Riot Games, ni des structures franchisées.

Hal Biagas est issu du monde sportif dans lequel il a travaillé plus de 20 ans. Il a notamment travaillé pour le National Basketball Player’s Association en tant qu’avocat, où il a représenté les joueurs dans leurs conflits avec les équipes, et a participé aux diverses négociations. C’est Riot Games qui l’a contacté, lui et d’autres personnes pour candidater au poste de directeur de l’association des joueurs LCS NA. C’est lui que les joueurs finiront par élire.

Depuis son élection, Hal déclare avoir appris à connaître chaque joueur et les a assisté dans leur négociation de contrat avec leur équipe, ou lors de conflits avec leurs agents… Depuis la création de l’association, des meetings et des séminaires ont été organisés sur différentes thématiques (gérer son stress, comprendre son contrat de travail, connaître ses droits…) Pour rappel, c’est Darshan “Darshan” Upadhyaya qui a été élu président de l’association, tandis que Bjergsen, Mithy, et Doubleflit ont assumé les rôles de vice-présidents. Biofrost a lui cumulé les statuts de trésorier et secrétaire.

Des joueurs désinvestis et une absence de communication

Au début, les joueurs ne semblaient pas allouer beaucoup d’importance à l’association. Fait que Pobelter a validé : les joueurs ne prenaient véritablement pas la chose au sérieux. Certains ne se rendaient d’ailleurs pas aux différents meetings, Pobelter avançant qu’il leur arrivait parfois de n’avoir qu’un jour de repos. Et si un meeting de l’association tombait ce jour-là, tant pis. La plupart ne comprenaient pas l’intérêt et l’importance de l’association.

Le manque de communication de l’association peut aussi s’expliquer par les débats qui y ont lieu. Si des débats sont engagés avec les joueurs et que Riot Games et/ou certains agissements de structures sont critiqués, il est tout à fait normal que nous n’en entendions pas parler. Pour preuve, il suffit de voir comment Pobelter choisit ses mots lors de la Hotline League 30 et déclare s’il ne sait pas s’il peut parler de l’Association avec Travis Gafford et Mark Zimmerman.

On peut donc comprendre l’absence de communication de la part de l’association, par une volonté assumée de ne pas dévoiler des débats internes qui viseraient Riot Games et les clubs esportifs nord-américains. Néanmoins, le fonctionnement et les actualités de l’association restent du domaine de l’invisible, voire de l’inexistant. Seuls les joueurs et le staff encadrant peut savoir si l’association est réellement active.

Lire aussi :  LCS NA Spring Split 2019 - Classement des équipes et date des matchs

Les LCS NA ne sont pas un long fleuve tranquille

L’année 2018 n’a pas été de tout repos pour certains joueurs des LCS NA. Bien que la plupart ait évolué dans de bonnes conditions, d’autres, plus malchanceux ont subi les excès de leurs structures.

L’affaire ayant trouvé le plus grand écho reste celle de Fenix. Avant le Summer Split, les structures nord-américaines devaient valider leur roster, et ce avant la date limite appelée roster lock (24 juillet 2018). Or, Echo Fox a annoncé à Fenix qu’il ne serait pas gardé au sein de l’équipe 5 heures avant la fin du roster lock. Fenix avait donc 5 heures pour retrouver une autre équipe en LCS NA, chose qu’il n’a évidemment pas pu faire.

Selon ses dires, que vous pouvez retrouver en intégralité sur Inven Global, il en a discuté avec l’association de joueurs et ils ont essayé de l’aider. Leur requête auprès de Riot Games pour repousser d’une journée le roster lock n’a rien donné.

On peut aussi imaginer qu’Echo Fox ait bel et bien tenté de trouver une nouvelle équipe à Fenix, en vain. Mais si l’on croit les propos de Fenix, il semblerait que le club ne l’ait jamais prévenu qu’il cherchait à le remplacer ou à l’échanger avec une autre structure. En sachant qu’ils ne lui ont pas laissé non plus la possibilité de rejoindre le rang des remplaçants ou l’équipe académique.

Cela pose aussi la question des contrats proposés aux joueurs. Tout joueur devrait passer obligatoirement par l’association avant d’accepter un contrat. Mais les joueurs restent jeunes et potentiellement influençables, et sont peut-être plus enclin à accepter une offre sans l’étudier.

Instauration d’une nouvelle règle pour le roster lock

Le 15 janvier 2019, l’ association des joueurs LCS NA annonçait une nouvelle règle pour les LCS NA. Celle-ci doit empêcher que ne se reproduise les erreurs du passé. Désormais, les joueurs étant libérés moins de 48h avant le roster lock bénéficieront de 3 jours supplémentaires pour trouver une autre équipe.

Au premier abord, cette nouvelle règle semble plutôt satisfaisante, car elle permet aux joueurs de rebondir en cas de pépin. Malheureusement, cela ne règle pas du tout le problème des clubs qui peuvent encore décider à tout moment de se défaire d’un joueur à la dernière minute. Les joueurs restent les grands perdants de l’histoire, car ils restent toujours dans une situation d’incertitude quant à leur avenir, ne sachant pas s’ils restent ou non dans la structure.

Cette règle ne résout donc pas du tout le problème, elle ne fait donner au joueur un sursis et laisse la structure maîtresse des opérations.

Mais l’association et les joueurs ont-ils réellement les moyens de faire plus et de s’organiser réellement comme un contre-pouvoir ? Ou sont-ils cantonnés au statut de simple caution ? Rien ne nous dit si cette règle a été choisie par défaut après de longues semaines de débats.

Une règle qu’il aurait été bien plus pertinente à mettre en place aurait été l’obligation pour les structures de mettre au courant tous les joueurs de leurs rosters (LCS et académique) sur leur situation minimum 1 semaine avant la fin du roster lock. De sorte à ce que les joueurs soient informés et puissent prendre les devants en connaissance de cause.

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