Six Invitational 2018 – Nous étions au Bootcamp de Vitality !

Nous sommes partis à la rencontre de Vitality durant sa préparation pour la seconde édition du Six Invitational. Comment les joueurs se préparent-ils ? Quel est leur ressenti à moins de 3 jours de l’event le plus imposant jamais organisé sur R6 ? Pourquoi cette équipe peut-elle prétendre à un nouveau sacre mondial ? On était au Bootcamp de Vitality et on vous livre tout !

bottcamp de vitality

Bootcamp de Vitality – Un cadre propice à la préparation du Six Invitational 2018 !

Nous sommes le vendredi 9 février, soit 5 jours avant l’alléchante opposition réunissant Vitality et Penta. En marge du Six Invitational 2018. Au volant de ma voiture, je me dirige vers Montreuil, une ville de la banlieue parisienne. C’est là que les V ont établi leur QG, mais c’est également la commune qui abrite le studio d’Ubisoft Paris. Un signe ? Pas forcément plus que le climat hivernal de ces derniers jours. Le -7 ° affiché plus tôt le matin sur les thermomètres. La neige qui a paralysé les routes de la capitale. Des conditions qui donnent aux joueurs, un (léger) avant-goût du tableau que leur réserve le Canada.

Le coach de l’équipe, Kivvi, nous a donné rendez-vous pour 15 h. Et le ton est donné : « On s’est calé sur l’heure de Montréal ». Autant dire que sa préparation ne laisse rien au hasard. Le groupe a déjà collé son rythme circadien sur celui du Montréal. Couchés à l’heure où d’autres se lèvent et réveillés vers treize heures. Cela ne les empêchera pas de ressentir les effets de Jetlag du voyage, mais ce sera tout de même bénéfique.

Le lieu du Bootcamp de Vitality quant à lui, est plus que propice à l’entrainement de groupe. Il s’agit en effet de la Paris Games School, l’une des rares écoles portées sur l’e-sport en France. Kivvi y exerce l’inédite fonction de coach e-sportif tout au long de l’année. Si l’accès à celui-ci ne paye pas de mine, l’endroit n’en reste pas moins innovant et attractif. Surtout pour une personne désirant se former aux métiers de la communication, de la production et de la gestion dans le monde e-sportif ! Pour l’occasion, une petite salle bien aménagée est réservée aux joueurs de Vitality. C’est dans cette ruche aux vitres remplies de buée que les abeilles « hibernent ». Ou du moins, qu’elles se préparent à lancer l’assaut sur le Six Invitational.

La vie et l’entrainement au cœur du Bootcamp de Vitality

Une fois sur place, les salutations s’opèrent. Panix semble très concentré. Voy et Revan, qui ont déjà évolué ensemble par le passé, affichent une grande complicité. En attendant l’arrivée de Kivvi, je fais la connaissance d’Enemy, totalement concerné par l’enjeu. Un joueur manque cependant à l’appel. Il s’agit de Risze, qui n’a malheureusement pu être présent tout au long du Bootcamp de Vitality. Ce dernier doit repasser par la Belgique et ne rejoindra ses mates que plus tard, à Montréal. Mais pas de quoi freiner l’ambiance cordiale qui règne dans la pièce.

Entre blagues bien placées et appels téléphoniques de proches, l’équipe se met au travail. Certains, à l’image de Panix, perfectionnent leur AIM en Terro Hunt, pendant que d’autres se lancent des défis sur des matchs de Ranked. On attend patiemment l’heure des prochains pracs, qui sont en moyenne au nombre de deux par jours. La veille, l’escouade a affronté une formation américaine, afin de tester ses stratégies contre l’équipe de la zone NA. Au final, dans ce cadre de camp d’entrainement, peu importe l’activité. Elle vise principalement à parler Six, s’entrainer Six et se projeter Six. En résumé sur ce Bootcamp de Vitality, tout est question de Six Invitational !

Et outre la préparation in game, il faut bien sûr gérer l’aspect mental, qu’exige un tel championnat du monde. Kivvi nous renseigne à ce sujet. « Cette semaine, nous nous sommes surtout orientés sur le jeu technique d’équipe, les stratégies et l’intégration de Voy dans celles-ci. Mais pour le départ de Risze, on s’est fait un resto. Autour d’un verre, on s’est détendu et on a parlé d’autres choses que Rainbow. Ça nous a fait du bien. La partie mentale sera vraiment axée une fois arrivé à Montréal. Il faudra rester zen tout en gardant cette partie de pression dans nos têtes. Afin de se donner à 200 % le jour J ».

Vitality - Boot Camp - PGSL’équipe de Vitality avec de gauche à droite : Kivvi, Risze, Panix, Enemy, Revan et Voy (©ParisGamingSchool)

Un entretien exclusif, au cœur du Bootcamp de Vitality

Une fois tout le monde sur le pied de guerre, nous commençons l’entretien général. Les joueurs sont placés en arc de cercle et je pose mes questions.

Q- Que pouvez-vous dire aux personnes qui espèrent du changement dans votre niveau de jeu ? Et à celles qui ne miseraient pas sur vous, suite à votre défaite face à XBox Master Race, en qualifier Européen du Six Invitational 2018 ?

Panix prend la parole : « On a pris le match comme un autre, on était concentré. Mais je pense que leur style de jeu agressif fonctionnait bien contre nous. Ils ont exploité des failles que nous avions déjà, qu’on avait déjà exposées entre nous. Ils ont appuyé dessus et suite à ça, on a eu une grosse remise en question. Une réelle fracture s’est ensuite installée ».

Q- Cette « fracture » a-t-elle joué sur le licenciement d’Hansen ?

Kivvi, légèrement en retrait de ma position, prend le relais : « Au moment de cette remise en question, on a essayé de mettre le doigt sur les différents problèmes qui nous affectaient. On s’est réuni et les doutes que nous avions sur lui se sont confirmés. Ses performances n’étaient pas assez stables à haut niveau. Lui même l’a d’ailleurs dit dans son Twitlonger : il manquait de motivation et il était fatigué ».

Panix rebondit : « Après, le remplacement d’Hansen était un problème parmi d’autres. Il faut savoir qu’il y en avait d’autres à résoudre ».

Enemy approfondit : « En fait, les rôles attribués au sein de l’équipe ne correspondaient pas aux personnalités, à la mentalité ainsi qu’au style de jeu de chaque joueur. Aujourd’hui, on travaille différemment. La communication durant les rounds se fait avec un lead plus participatif, ce qui donne plus d’opportunité en jeu et une meilleure participation générale ».

Q- Si vous aviez remporté le qualifier, évitant ainsi de passer par le vote communautaire, auriez-vous eu une telle réaction ? Cette dîtes-fracture ?

Kivvi se lance : « Ce que j’avais demandé à l’équipe, c’était de mettre de côté le vote communautaire jusqu’à la fin des qualifiers. Une fois qu’on a perdu dans le qualifier, évidemment la déception était grande, elle a provoqué cette rupture. Dans tous les cas, on était conscient qu’il y avait des soucis. On aurait travaillé, car on sentait des difficultés, mais en effet, le fait de perdre ce qualifier a pris une ampleur plus grosse dans notre réaction ».

« Le remplacement d’Hansen était un problème parmi d’autres. Il faut savoir qu’il y en avait d’autres à résoudre »

Q- Alors, imaginons que je sois un supporter de Vitality. Comment pourriez-vous me convaincre que l’arrivée de Voy à la place d’Hansen, va apporter du mieux ?

Kivvi affirme : « Tout le monde était assez d’accord au sein de l’équipe, pour deux raisons. La première était que Voy était totalement sous-coté par rapport à son niveau de jeu. Je le savais d’autant plus que j’ai été son coach durant la Coupe de France 2017, sous unKnights. Je savais qu’il était au moins aussi bon en termes de skill qu’Hansen et je savais qu’en plus, il allait apporter de la communication, de la vision de jeu et de la prise de décision ».

Q- Ce sont des choses qui manquaient à Hansen ?

Le coach poursuit : « C’est quelque chose qu’Hansen aurait pu faire, s’il n’avait pas eu ses pertes de motivation. Mais aussi s’il n’avait pas eu peur de le faire. Car il se sentait perpétuellement le dernier arrivé ».

Q- Et toi Voy, qu’en penses-tu ? Ressens-tu une pression supplémentaire dans le fait d’être le dernier arrivé dans le roster ?

Voy prend la parole pour la première fois : « J’ai joué avec Revan par le passé. J’ai aussi joué sous la tutelle de Kivvi et j’ai d’ailleurs été surpris par son évolution depuis unKnights. Je me voyais bien jouer avec Panix, Enemy et Risze. Donc oui, je me sens le dernier arrivé, mais je ne me sens pas sur la sellette. J’ai quelque chose à apporter et eux m’apportent beaucoup. Du coup, on se complète » !

Enemy exprime le besoin d’apporter une précision : « Avant le skill, l’attitude compte également pour beaucoup. Que ce soit sur les réseaux sociaux ou IRL. Cela compte vachement dans une équipe. Tu peux choisir de perdre en étant un looser mais tu peux aussi perdre et continuer. Être un combattant ».

Panix conclut : « Attention, le cinquième joueur ne doit pas avoir la pression. Ce n’est pas forcement son arrivée qui peut régler tous les problèmes ».

« Tu peux choisir de perdre en étant un looser mais tu peux aussi perdre et continuer. Être un combattant »

Q- En parlant de pression, vous vous apprêtez à jouer contre PENTA, l’ogre de ce mondial. Peut-on s’attendre à une opposition serrée de la part de Vitality ?

Panix, d’un air très réfléchi : « C’est la meilleure équipe du jeu alors que nous, sur le papier, nous sommes les derniers, étant arrivés par le vote communautaire. Du coup, il n’y a pas de pression de notre côté, on donnera tout ce qu’on a. On va essayer de les surprendre et les faire tomber. Il y a de la place pour les avoir. On a préparé des choses et ce sera le moment de les lâcher ».

Kivvi semble déterminé et déclare : « On a clairement travaillé pour montrer un nouveau visage à ce Six. Des changements en jeu seront évidents » !

Q- Évidemment, il n’y aura pas que PENTA sur votre chemin. Comment voyez-vous la suite de la compétition ?

Panix, en capitaine : « On est prêt à rencontrer les autres équipes. Lyloun abat un gros travail d’analyste en étudiant tous les adversaires ».

Voy réagit : « Il y a la place pour passer ses phases de poule. Même si c’est l’une des plus relevées… il y a moyen ».

Puis Enemy s’exprime avec une pointe d’humour : « J’ai une revanche à prendre sur Canadian et NVK (rires). Même PENTA en soit, car on ne les a jamais affrontés en LAN » !

Kivvi reprend la parole et apporte une analyse sur un autre concurrent direct du groupe : « 1Up est une équipe qui a des qualités et du potentiel. Encore une équipe à ne pas sous-estimer. Ils ont montré de belles choses pendant le qualifier et se sont maintenus en Pro League. Il faudra jouer à fond contre eux, surtout avec KS qui a gagné deux Pro League ».

Q- Maintenant, j’aimerais que l’on effectue des bonds dans le passé, puis le futur. On se rappelle tous des dernières images de la structure Vitality au Six Invitational, il y a un an. Ce n’était pas votre roster et la plateforme n’était pas la même, mais l’équipe à l’abeille s’inclinait sur un score de 10-0, face aux Américains d’Elevate. Des larmes, de la tristesse et une forme de déception pour tous les supporters français. Quelles images espérez-vous laisser à votre tour, sous le maillot de Vitality ?

Kivvi commence : « Ce que je souhaite vraiment voir, c’est l’image d’une équipe qui a bossé. Qui a prouvé qu’elle était digne de jouer parmi les meilleures équipes mondiales ».

Enemy intervient : « Moi je dirais no regrets » !

Panix empreinte un ton très calme : « Ce que j’aimerais c’est prendre les matchs étapes par étape. Je ne veux pas qu’on s’écroule. On doit montrer un beau visage, et aller au bout. Moi je veux faire vivre cette histoire de l’équipe qui, portée par la communauté, s’en va gagner le Six. Ce serait une magnifique histoire. Vitality est une équipe soutenue par des milliers de fans et cela les récompenserait ».

Kivvi avec confiance : « Ils nous ont donné l’opportunité de faire le plus gros tournoi R6, on a pas l’intention des les décevoir » !

Kivvi - PGW - R3siakKivvi, coach à tout faire (©R3siak)

Vole comme le papillon, pique comme l’abeille. Et vas-y cogne mon gars, cogne

C’est sur ces paroles emplies de sagesse que l’entretien se conclut. Les joueurs retournent à leur entrainement, pendant que Kivvi s’improvise cuisinier. Ce dernier aura largement dépassé sa fonction de coach, concoctant un programme aux petits oignons pour ses joueurs. En s’assurant que ses protégés se lèvent à l’heure. En veillant à la propreté et l’ordre sur le Bootcamp de Vitality. Organisant et produisant les repas. Étant attentif au respect des horaires d’entrainement et recherche de Pracs. En plus de son rôle de base, Kivvi s’affiche comme un meneur d’hommes, hors pair, durant cette préparation.

Une préparation qui touche bientôt à sa fin et qui devra faire ses preuves, ce mardi, contre PENTA. À l’heure où ces lignes sont rédigées, l’équipe de Vitality — au même titre que Supremacy — se trouve au-dessus de nos têtes, dans un avion traversant l’atlantique. Tels des héros nationaux, prêts à tout donner pour que la France retrouve les sommets de la scène e-sportive de Rainbow Six Siège

En savoir plus sur l'auteur
#R6ISLIFE, Life is crazy ! Chris «LuziTano» Lima | Journaliste eSport passionné de @Rainbow6Game ✍️🎙️

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