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Le 27 février dernier, Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique, démissionnait du gouvernement. Nous ferons ici l’historique des projets qu’elle a menés sur le numérique et l’eSport ces 3 dernières années.

axelle lemaireAxelle Lemaire se voyant remettre le compte-rendu de l’eSport summit à la PGW

Axelle Lemaire, nommée secrétaire d’Etat chargée du numérique en 2014, est notamment connue pour 2 grandes actions : la création d’une grande école numérique (lancée en 2015) et le projet de loi pour une République numérique (promulguée en 2016). Cette loi nous intéresse particulièrement parce qu’elle a contribué à la reconnaissance de l’eSport.

Une grande école numérique

Ce projet devait permettre de former plus de 10 000 élèves au numérique au sein de plus de 200 formations. Comme les universités et grandes écoles, les formations dureraient entre 3 et 24 mois et aboutiraient à l’obtention d’une certification reconnue par l’Etat. Petite différence : le caractère gratuit de ces formations. Ce projet correspond évidemment à la stratégie numérique voulue par François Hollande et invite à répondre aux attentes des employeurs français. Selon Axelle Lemaire, cela répond aussi à une demande des jeunes français passionnés par le numérique et devrait favoriser leur insertion professionnelle.

Une enveloppe de plus de 5 millions d’euros devrait être fournie aux établissements français pour mener à bien ces formations. Le pari est lancé pour faire de la république française un Etat numérique !

La loi pour une République numérique

Cette loi a été promulguée le 7 octobre 2016. Selon le portail de l’économie et des finances du gouvernement français, « la loi pour une République numérique prépare le pays aux enjeux de la transition numérique et va permettre de développer l’économie de demain […] Cette loi a pour ambition d’encourager l’innovation et le développement de l’économie numérique, de promouvoir une société numérique ouverte, fiable et protectrice des droits des citoyens. Elle vise également à garantir l’accès de tous, dans tous les territoires, aux opportunités liées au numérique. »

Vous pouvez retrouver en intégralité le dossier de presse sur la loi ici.

Axelle Lemaire

Ce qui nous intéresse particulièrement ici, c’est le point numéro 15 qui reconnaît officiellement l’eSport en tant que pratique professionnelle compétitive des jeux vidéo. Et c’est surtout l’aspect législatif de la loi qui intéresse les politiques et les acteurs du secteur. En effet, si l’eSport est encadré par la loi, il est de ce fait reconnu et légitime. Désormais, les compétitions physiques de jeux vidéo seront légalisées. Celles-ci seront dès lors plus encadrées qu’aujourd’hui. Les spectateurs et joueurs mineurs devront obligatoirement disposer d’une autorisation parentale pour assister à des compétitions ou rencontres esportives. Fini donc les compétitions et LAN dirons-nous sauvages. Elles sont désormais régies par la loi française.

Les joueurs sont également touchés par la nouvelle loi. Ils disposent maintenant d’un statut social. Ils seront automatiquement sous contrat (CDD) et bénéficieront d’une protection sociale. Un coup dur pour les entreprises et structures qui abusaient de leur autorité pour payer les joueurs à leur guise. Enfin, la diffusion audiovisuelle des compétitions tendra à être favorisée et mise en avant.

Si vous êtes curieux, vous pouvez retrouver le rapport intermédiaire revenant sur tous les futurs aspects juridiques et politiques de l’eSport et de ses pratiques à cette adresse.

En résumé :

« Axelle Lemaire a réussi à faire de l’eSport un sujet politique. Le jeu vidéo, longtemps déconsidéré par les politiques (souvenez-vous, le jeu vidéo rend violent), a vu son statut remanié. Plusieurs raisons à cela : des politiques de notre génération ont réussi à en faire un sujet légitime et les compétitions eSportives ont connu un essor conséquent ces dernières années. Et l’essor d’une pratique attire les entreprises, les sponsors et développe en conséquence une économie attractive.

Des modifications législatives étaient en effet nécessaires pour favoriser la pratique des compétitions eSportives et leur encadrement. La précarité des joueurs devrait par la même occasion être réduite.« 

Axelle Lemaire

Mais dès lors, plusieurs questions se posent

L’obligation d’un contrat décent des joueurs est une bonne chose. Mais cela ne risque-t-il pas de mettre encore plus en concurrence les joueurs ? Le caractère ultra concurrentiel présent dans certaines entreprises pouvant dégoûter les très jeunes joueurs.

Se pose aussi la question de l’autorisation parentale pour assister aux compétitions et aux LAN. La mesure semble être très compromettante car elle pourrait fortement réduire la fréquentation de celles-ci. On espère donc que cette autorisation sera non-obligatoire.

Nous avons eu la chance d’être reconnus et estimés par des politiques comme Axelle Lemaire. Mais n’y-a-t-il pas un risque, sur le long terme, d’être considéré uniquement comme un domaine en plein essor économique ? Et ainsi négliger tous les talents et les progrès que l’eSport peut amener à la culture française ?

L’implication des politiques et des sponsors doit-elle se faire au détriment de l’indépendance et de la liberté d’action des acteurs du secteur (les passionnés des premières heures) ?

La reconnaissance de l’eSport est-elle en soi une bonne chose ? N’hésitez pas à nous faire part de vos réflexions dans les commentaires !

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