Esport

Depuis des temps immémoriaux, la femme a su attirer la curiosité, le désir, mais aussi le rejet de son compagnon préféré, nommons-le : l’homme. Quelque soit le domaine, elle a dû se battre pour faire reconnaître ses droits mais aussi sa légitimité, là où les hommes avait largement pris toute la place. L’Histoire notera que le désir, la jalousie et l’incompréhension auprès du « sexe faible » a abouti à une certaine époque à l’impression du tristement célèbre Malleus Maleficarum (un peu d’histoire ne fait jamais de mal). Heureusement les temps ont bien changé ; quoique.

Même si le jeu vidéo est apparu bien après l’émancipation de la femme (c’est ce qu’elle veulent faire croire aux hommes, elles ont toujours dominé ces derniers), il n’échappe pas à la règle de la discrimination sexiste. Lorsque le jeu vidéo de masse est arrivé, l’Eglise masculine s’est accaparé de ce culte où la femme n’avait pas sa place.

Maintenant qu’elle revendique haut et fort sa passion et son envie d’avoir une place à part entière dans le jeu vidéo sans honte et sans retenue, l’Eglise masculine a dans un premier temps posé son veto avant de réclamer plus de féminité. Cette première étape franchie bien qu’il reste des poches de résistance a abouti à un nouveau combat pour la gente féminine. Celui-ci n’est pas l’opposition homme-femme mais bien femme-femme.

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Joueuses et monde du jeu vidéo

Les garçons ont toujours été majoritaires dans cet univers, ce n’est que depuis peu (courant 2010) que le taux de femmes jouant à des jeux vidéo a grimpé. Le pourcentage de femmes qui jouent en ligne était de 40% en 2010, elles sont donc bien présentes dans la communauté. Mais d’où vient le stéréotype de « la rareté de la vraie gameuse ». Il faut aussi savoir, qu’une deuxième image est bien présente « la geek sexy », les jeux vidéo sont à la base l’univers de la gente masculine. Quand ils pensent à joueuses, c’est en général une femme en petite tenue. Et la société de consommation a profité de l’occasion pour lancer une mode, s’afficher comme « geek », qui à la base était une expression plutôt dénigrante.

KPLolLe milieu du jeu vidéo a lui aussi bel et bien évolué ces dernières années développant son aspect compétitif, et ce à travers divers support. C’est à ce moment là que les filles ont commencé à s’activer dans la communauté, prenons exemple de la plateforme twitch, c’est là que l’on trouve un nombre incommensurable de femmes. D’ailleurs plusieurs ont percé, comme Hafu sur Hearthstone ou Kay Pea, en sachant animer ses sessions de stream et en ayant un niveau correct sur le jeu elle a réussi à attirer de nombreuses personnes sur sa chaîne twitch. Une fille ordinaire qui a commencé à jouer sur console et qui ensuite s’est dirigé vers Leagues of Legends. De nombreuses joueuses participent elles aussi aux compétitions, ce sont des joueuses sérieuses, ayant le même objectif que les joueurs. Beaucoup de structure recrutent aujourd’hui des femmes pour créer des teams professionnelles, comme l’équipe féminine de Narkuss, une des toutes premières qui avait vocation à montrer un niveau de jeu compétitif féminin.

Il faut aussi savoir que, dans le passé les jeux étaient plutôt orientés FPS ou jeux de combats, et c’est seulement avec l’apparition de jeux comme DotA 2 ou League Of Legends que les filles ont commencé à  jouer. La majorité des joueuses sont sur Hearthstone ou League Of Legends, mais il y en à aussi sur les jeux de combats ou FPS. Kayane, première joueuse professionnelle de jeux vidéo en France nous le montre, en remportant de grandes compétitions de Dead Or Alive et bien sûr Street Fighter.

Pourquoi les filles se vantent-elles de jouer et s’affichent-elles comme des « geek » ?

1024397679Comme nous le disions précédemment les filles ne doivent pas se cacher sur les jeux, mais tout ça de manière raisonnable, en effet c’est maintenant la nouvelle tendance l’« e-girl ». Ce sont des filles qui profitent d’être de la gente féminine pour avoir des opportunités. Par exemple sur un jeu où elles n’ont pas le niveau adéquat pour monter, elles vont aller « charmer » des personnes ayant un niveau élevé, pour jouer à leur place ou encore les aider à afficher un level qui n’est pas le leur. Ce qui dans tout jeu a un impact pour les autres joueurs ; c’est à ce moment-là qu’est apparu le nom d’« e-girl ». Avec cette évolution de l’image de la femme dans le monde du jeu vidéo, pas mal de faits ont été remarqués. Les filles ne se cachent plus du tout, ce qui en soit n’est pas mal, mais affichent partout le mot « gameuse » ou « geek ». Sur les réseaux sociaux, elles vont essayer d’appâter la gente masculine de façon à acquérir une pseudo communauté ou des « j’aime ». Pour cela elles utilisent des oreilles de chats, des photos d’elles et de nombreuses choses, l’objectif étant le « sexy à tout prix »

La vision a donc bien évolué. Nous avions évoqué les femmes comme Kay Pea, Hafu qui utilisaient Twitch pour stream. Mais il existe d’autres personnalités qui elles profitent du fait d’être des femmes et d’avoir une plateforme pour pouvoir le montrer et récolter des sommes d’argent non négligeables. Nombreuses sont celles qui se sont faites bannir pour caractère sexuel, en général ce genre de filles s’exhibent ou mettent le jeu en petit et la caméra en grand de façon a ce que l’on voit plus la personne que le jeu. Ces filles là on les appelles les « attention whore ». Ces filles là dénigrent complètement l’image de la femme dans le monde de jeu vidéo. Certaines vont même jusqu’à pleurer pour attirer la pitié des viewers et qu’ils fassent des dons. Imaginez un streamer masculin avoir les mêmes comportements ; les réactions des viewers seraient-elles les mêmes ?

femmeEnfin pour que ces filles existent, il faut qu’il y ait des « viewers « . Souvent d’un public masculin, car leurs donations ne tombent pas du ciel et il faut croire qu’il y ait des spectateurs qui apprécient ce genre de pratique. Pour cela il suffit juste à la fille de montrer une partie de son corps ou d’être mignonne, les bruitages sont très appréciés dans ce type de stream. Prenons exemple de Kaceytron, elle a 60K abonnés sur twitter et 450K followers sur sa chaîne Twitch. Elle a donc avec elle une grande communauté qui lui permet de ne pas s’écrouler.

 

Le sexisme dans les jeux vidéo est lui aussi bien présent. De nombreuses insultes sont lancées à des filles qui ne sont pas là pour avoir de l’attention mais qui comme la plupart des gens veulent juste jouer. Et c’est souvent à cause de ce genre de fille : les « attention whore » que l’image de la femme est dénigrée. Les filles qui veulent vraiment faire partie de cette communauté grandissante qu’est celle du jeu vidéo, doivent ignorer les critiques sexistes. Une fille peut devenir aussi forte qu’un garçon dans l’eSport, il ne faut juste pas avoir peur. Il faudra du temps à celles qui ont un but compétitif. 

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