Esport

Le député LREM Denis Masséglia a annoncé à l’Assemblée Nationale la création d’un groupe d’étude sur le jeu vidéo et l’esport. Un projet qui permettra de développer ces secteurs dans le domaine du développement, de l’emploi et de la mixité.

Denis-Masséglia groupe etude esport

L’esport se fait de plus en plus présent au sein des instances nationales. Notamment via les initiatives du jeune élu, Denis Masséglia, député de La Republique En Marche. Ce dernier s’est notamment fait remarquer pour ses sujets, abordant régulièrement le jeu vidéo et l’esport. C’est d’ailleurs lui qui a dernièrement félicité l’équipe de France d’Overwatch pour ses exploits ! Et ce, sans oublier de préciser que la France possède une industrie florissante dans le domaine du jeu vidéo.

Pour la petite anecdote, Denis Masséglia était ingénieur dans la vie civile avant d’être élu, et gérait une petite entreprise de réparation de consoles de jeux vidéo. De plus, c’est un gros joueur de World of Warcraft, et il fait partie de la guilde « Les Croisés« .

Un groupe d’étude sur le jeu vidéo

Le député Masséglia revient à la charge en lançant, pour la première fois dans l’histoire de l’Assemblée Nationale, la création d’un groupe d’étude sur le jeu vidéo. Il permet ainsi de développer ce domaine dans tous ses aspects, sans oublier le sport électronique. Pour rappel, il avait déjà mentionné son intérêt de construire une cellule dédiée pendant l’émission Canal Esport Club.

L’esport a un besoin crucial d’être encadré, bien qu’en un an, il y ait déjà eu une grande avancée avec l’application de deux décrets. Effectivement, cet été 2017, deux lois ont été promulguées :

  • la reconnaissance des organisations de compétitions (online & offline)
  • la reconnaissance du contrat de joueur de jeux vidéo professionnel

A ce jour, le gouvernement voit d’un bon œil ce projet, puisque le député Masséglia a déjà le soutien d’une vingtaine de ses collègues LREM, de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, et du secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi. Ce dernier s’est d’ailleurs montré sensible à l’esport, particulièrement lors de l’Overwatch World Cup.

Concrètement, à quoi cela va-t-il servir ?

Selon les propos du député Masséglia, recueillis par Challenge :

« Le groupe d’étude va s’intéresser au développement du jeu vidéo en France afin que la France puisse rester numéro 1 en Europe. La place de la femme progresse dans le jeu vidéo mais elle est encore trop faible. Il faut qu’on travaille à ce qu’il y ait au moins autant de femmes que d’hommes dans l’industrie. Et puis il faut réussir à ramener les principales équipes d’esport dans le monde en France. Travailler aussi à la question de l’addiction dans le jeu vidéo. Tout cela pourra déboucher sur des propositions de lois pour faire avancer le jeu vidéo en France. Il faudra analyser ce qui existe et l’efficacité du dispositif afin de pouvoir devenir numéro 1 mondial en la matière. Il faut que dans les prochaines finales mondiales de League of legends, une équipe française puisse arriver en finale et être en mesure de gagner le titre. L’esport est au même titre que le foot, un instrument de diplomatie et de rayonnement de la France. »

Ce groupe d’étude sera aussi un point de contact entre l’Etat et les différents acteurs du jeu vidéo et de l’esport. Qu’ils soient des professionnels du secteur, des journalistes ou des influenceurs (streameurs, youtubeurs, joueurs, organisation…), tous sont concernés et peuvent apporter leur pierre à l’édifice.

Cette annonce intervient peu de temps après la conférence de presse organisée par la Région Centre Val de Loire et le lancement d’une étude territoriale sur la structuration de l’esport et de son écosystème. Axelle Lemaire, l’ancienne secrétaire d’Etat chargée du numérique, était alors revenue sur la nécessité d’institutionnalisation de l’esport en France et la déconstruction des stéréotypes qui sont liés à la pratique du jeu vidéo.

Un problème de mixité dans le jeu vidéo ?

De nombreux dossiers attendent ce groupe d’étude. Les membres aborderont principalement le développement de l’industrie du jeu vidéo, la création d’emplois dans ce secteur, et la santé face à la pratique du jeu vidéo. Mais il présente aussi un défi encore plus criant d’inégalité, la problématique de la mixité et de la parité dans un domaine clairement dominé par la gente masculine. Selon les données du SELL, 47 % des joueurs sont joueuses ! Mais la parité reste encore loin !

Une association lutte d’ailleurs pour promouvoir la mixité dans l’industrie du jeu vidéo, Women in Games (WiG). L’association rencontre et sensibilise les écoles, lycées et entreprises, ainsi que les acteurs du milieu sur ces problématiques.

La Corée du Sud comme exemple d’institution esport ?

Selon les propos du député Masséglia, recueillis par Le Figaro :

« Actuellement les équipes majeures se trouvent aux États-Unis, en Allemagne et en Corée du Sud. Nous devons ramener les meilleurs éléments en France et faire en sorte que les compétitions mondiales ne soient plus dominées par les coréens. L’esport est au même titre que le football, un instrument de diplomatie et de rayonnement de la France dans le monde. »

Ce n’est pas un hasard si le député Masséglia évoque la dominance coréenne. Depuis le début des années 2000, la Corée du Sud investit activement et massivement dans son sport national, l’esport. C’est le premier pays du monde où le gouvernement s’est lui-même intéressé à cette pratique. Créant à l’occasion la plus grosse organisation du monde, la Korea e-Sports Association (KeSPA). La Corée du Sud a fait en sorte de démocratiser, d’institutionnaliser et d’industrialiser l’esport. Ce qui n’est malheureusement pas encore le cas chez nous, en France. Voici l’exemple que souhaite prendre le jeune député.

La France comme référence mondiale du jeu vidéo !

Pour résumer, ce groupe d’étude aura pour but de faire un suivi et une veille constante sur l’évolution du milieu du jeu vidéo. Créer un pont de discussion entre les députés et les acteurs et développer l’activité du jeu vidéo en France pour la rendre plus compétitive. Instaurer plus de mixité dans cette industrie, et réfléchir sur l’impact que peuvent causer les jeux vidéo sur la santé.

La création d’un tel groupe confirme l’intérêt du monde politique pour l’industrie du jeu vidéo. Ceci en prenant en compte le besoin institutionnel du secteur esportif. L’objectif de Denis Masséglia est clair, faire de la France LA référence mondiale du secteur du jeu vidéo.

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