Interview de Brosak à la DreamHack Tours – “On commence à montrer qu’on mérite notre place !”

Gentside vient de battre GamersOrigin en finale du loser bracket du tournoi League of Legends de la DreamHack Tours 2018. Ils affronteront Vitality Academy en grande finale, pour un match-retour qui s’avérera explosif – et qu’ils finiront par remporter 2 à 0. Quelques minutes avant ce match décisif, je revenais avec Brosak, le toplaner de Gentside, sur son parcours et leur performance à la DH.

interview brosakCrédit – Gentside Esports & Kini (graphiste)

Après un début de compétition parfait, Gentside finit par s’écrouler en finale du winner bracket face à une team Vitality Academy revigorée. Leurs opposants en finale du loser bracket ne sont pas des tendres. GamersOrigin, coachés par Brokenshard, détenteurs d’un triplé en 2017 (top 1 au Montpellier Esport Show, à la Lyon e-Sport et à la Gamers Assembly), gagnants de la Gamers Assembly 2018 et demi-finalistes des European Masters, ont soif de réussite.

La confrontation avait de quoi être électrique ! Et ce malgré la fatigue des deux équipes, qui n’ont pas pu souffler de tout le week-end du fait des rematchs, problèmes de serveur, DDOS… Alors que beaucoup pronostiquaient une victoire sans conteste de GO, c’est finalement Gentside qui finit par s’imposer 2 à 0 ! Ils feront donc minimum top 2, passeront devant Team-LDLC au classement LoL Open Tour et s’assureront une place provisoire pour les European Masters #2.

C’est le moment que j’ai choisi pour interviewer Brosak, le toplaner de l’équipe victorieuse. Difficile de retrouver quelqu’un à la DreamHack, tant les joueurs jonglent entre temps de repos, de repas et d’entraînement. Je finis néanmoins par retrouver Fabien Bacquet, Head of esport de Gentside, que j’avais déjà pu rencontrer lors de leur bootcamp de la Lyon e-Sport 2018.

Echange de poignée de mains amicales. Fabien est heureux, ses joueurs ont vaincu GO et iront en finale de la DH. Mais je sens que les corps et les esprits sont à bout. La DreamHack a comme un arrière-goût de Lyon e-Sport : les joueurs et coaching staff sont exténués. Nous convenons ensemble de reporter l’interview pour l’avant-finale, de sorte à laisser tout le monde prendre un repos amplement mérité.

Je retrouve Brosak plus tard, adossé à un des murs extérieurs du hall. Nous profitons qu’un de ses coéquipiers soit en interview pour entamer la sienne. Retour sur l’historique de Brosak, son arrivée à Gentside et la suite pour une équipe qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

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Q – Je souhaitais revenir avec toi sur ton parcours en tant que joueur, de tes débuts en passant par e-corp jusqu’à Gentside. En bref, comment Brosak s’est-il construit ?

Brosak – Je me suis lancé il y a assez longtemps déjà. C’était lors de la Lyon e-Sport 5 que j’avais faite avec Pyri, un ancien joueur pro qui avait fait les IEM et qui avait joué avec Sypher à l’époque. Un vieux de la vieille qui m’a beaucoup appris d’ailleurs et qui m’a plus ou moins formé. Et c’est là aussi où j’ai pris goût à l’esport et aux compétitions. Je voulais continuer, j’en faisais le plus possible à côté de mes études.

Puis je suis tombé sur le groupe LoL FR qui formait une équipe. Je me suis retrouvé avec Hanssama, Taour et toute la clique, c’était une période assez cool. C’était vraiment le côté amateur, on jouait vraiment pour le plaisir. Concernant la compétition, il n’y avait pas encore tout ce qu’il y a aujourd’hui, les salaires, les coachs et toutes les organisations. Je sentais que c’était un milieu qui me plaisait. J’y pensais de plus en plus et ça me prenait de plus en plus de temps aussi. Après, il y a eu la période e-corp et j’ai eu un déclic ! J’ai décidé de me lancer à 200% là-dedans, dans l’esport et la compétition. Du coup j’ai arrêté mes études (j’avais commencé un DUT informatique). Je suis resté à peu près 2 ans chez e-corp, ça s’est un peu mal fini malheureusement. Quelques petites tensions, des changements de rosters assez fréquents, Hans est parti chez Millenium mais c’était normal, il était vraiment plus fort que nous tous réunis quoi !

Après j’ai eu la proposition de Gentside, je les ai rejoint et tout s’est bien enchaîné avec eux. Parce que j’ai vraiment besoin de me sentir bien dans l’équipe, dans le projet, avec les personnes avec qui je travaille. Je mets ça plus en avant qu’autre chose. Puis j’avais rejoint Trayton, qui était un ami avec qui j’avais joué déjà chez e-corp. Avec Beyond The Rift, on n’avait pas fait grand chose. Une LAN à Bordeaux, qui ne s’était pas forcément très bien passée. On a continué et on a persévéré puis on a créé le projet Gentside en novembre 2017.

De là, on a recruté des joueurs européens. On est parti sur une équipe internationale, donc on parlait en anglais. On s’est professionnalisé dans ce que l’on faisait. Moi j’avais jamais fait ça avant, donc c’était une étape de plus. Puis on a commencé aussi à avoir des salaires, un encadrement, une vraie structure. J’ai progressé depuis, doucement, je gravis des échelons et je me sens vraiment bien avec cette équipe pour l’instant.

Gentside EsportsCrédit – Gentside Esports

Q – 2018 reste une énorme année en termes de performance pour Gentside. C’est vrai qu’on ne vous attendait pas, on ne savait pas où vous alliez vous positionner en tant que team. Résultat : top 2 Lyon e-Sport, top 3 Gamers Assembly et aujourd’hui minimum top 2 DreamHack Tours. Vous êtes véritablement en train de créer une histoire autour de Gentside. Qu’est-ce que cela change par rapport à avant, toute cette hype autour de Gentside ?

Brosak – Je ne sais pas si on peut encore parler de hype mais c’est vrai qu’on commence à s’installer et à montrer qu’on mérite notre place. On n’a pas peur d’affronter des gros noms, des Millenium, GamersOrigin ou Vitality. Même si on est encore considéré un peu comme les Underdogs, parce que c’est vrai qu’on n’a pas encore tout cet encadrement des grosses équipes, on a quand même quelque chose ! On arrive à leur faire face.

Et voir un Underdog performer, je trouve ça toujours plus impressionnant. Il y a plus de hype autour de ça que de voir la team favorite gagner. On s’y habitue. L’année dernière, c’était GO qui avait gagné toutes les épreuves. Il y avait une LAN, GO gagnait et on passait à la suivante. Et là de manière générale, c’est vachement contesté, il n’y a jamais eu un podium qui était le même jusqu’à aujourd’hui et je trouve ça vraiment cool pour la scène en général.

Q – Depuis la création de la team, il y a eu quelques petits changements. La perte de Murmel et Trayton, et l’arrivée de Treatz et xMatty. Comment on s’entraîne avec deux nouveaux joueurs à quelques jours seulement de la DreamHack Tours ?

Brosak – C’est vrai qu’on les a récupéré 1 semaine avant le qualifier de la DreamHack. On savait qu’on n’avait pas beaucoup de temps, donc on les a un peu pris sur le coup de coeur. On a commencé à jouer avec eux et on a vu que ça a tout de suite bien marché. On s’est dit qu’on n’allait pas les lâcher ! On va leur faire une offre et on espère qu’ils acceptent sinon nous on va être dans une mauvaise situation. Au final, ils ont accepté parce qu’au Qualifier on a fait top 1 ! L’ambiance était vraiment là et eux c’était leur premier événement français. Ils avaient d’ailleurs l’habitude de choses plus carrés, sans tous ces problèmes qu’on peut avoir des fois sur les LAN françaises. Donc c’est vrai que c’était un peu dur pour eux je pense. Mais au final, ils se sont vraiment bien débrouillés, ils ont été solides malgré la fatigue !

Q – Tout cela nous amène à la DreamHack où vous faites une grosse performance ! Vous avez roulé sur tout le monde jusqu’à votre rencontre avec Vitality. Vous êtes même venu à bout de LDLC, qui est un peu votre Nemesis, en vous imposant 2 à 0. Et vous voilà en finale contre Vitality. Comment tu appréhendes ce match retour ?

Brosak – Je pense que de manière générale, avec l’équipe, on a vraiment passé un stade. Je me trouve vraiment plus fort sur tous les aspects. On a comblé plein de lacunes qu’on avait avant avec l’ancienne équipe. On progresse vraiment. Pour ce match retour contre Vitality, c’est vrai qu’hier ils nous ont mis un sec 2-0, c’était un peu dur à encaisser. Il y avait la fatigue en plus, mais on a un peu regardé les games et on a compris comment ils jouaient contre nous. Ils ont vraiment établi un jeu propre pour nous affronter. On a pris ça en compte, on a bien dormi, là on vient de gagner contre GamersOrigin et je pense qu’on a les clés pour le match contre Vitality. On devrait avoir ce qu’il faut pour y arriver.

Q – Vous allez faire minimum top 2 aujourd’hui, vous passez donc devant LDLC au classement de l’Open Tour France. Qu’est-ce qu’il vous faut pour conserver cette place et surpasser l’ogre GO ?

Brosak – Je pense que globalement, on est sur la bonne voie, je pense qu’on ne pouvait pas mieux faire que ce que l’on fait aujourd’hui. On progresse doucement, on prend nos marques et on a juste à continuer comme ça. A ne pas baisser les bras, continuer à travailler, parce qu’on a encore beaucoup de boulot à faire sur tout. Faut pas qu’on se dise qu’on aura tous les top 3 chaque fois, ce n’est pas vrai et ce n’est pas le cas. Car il y a des équipes du top 8 qui ont le potentiel pour être des underdogs et qui peuvent elles-aussi créer la hype autour d’elles. Comme nous on a pu le faire en battant LDLC. Ne pas rester sur nos acquis et continuer à bosser. Et tout devrait bien se passer pour se qualifier aux European Masters, qui est notre objectif.

Je remercie Brosak d’avoir pris du peu de temps qu’il disposait pour répondre à mes questions. Félicitations à toute l’équipe Gentside pour leur excellente performance à cette DreamHack Tours 2018 ! L’Occitanie Esports sera le prochain rendez-vous des fans de la scène française de League of Legends ! La LAN viendra départager GamersOrigin, Team-LDLC et Gentside, toutes gagnantes d’un event du LoL Open Tour cette année !

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