Invictus Gaming – La suprématie chinoise au MSI

Ils sont passés à une game du perfect run. Invictus Gaming vient de terminer la phase de groupes du MSI 2019 sur un score de 9-1, s’inclinant uniquement contre la superteam coréenne SKT T1. Les champions du monde, favoris de la compétition, semblent inarrêtables. La suprématie chinoise est-elle sur le point de commencer ?

invictus gaming msi 2019

C’est un véritable rouleau compresseur. Malgré des premières games plutôt décevantes par rapport à ce qui avait été proposé en termes de niveau de jeu aux Worlds 2018, Invictus Gaming s’est imposée comme l’équipe à abattre à ce Mid Season Invitational. Seules les équipes de Phong Vu Buffalo, G2 Esports et SKT T1 auront réussi à faire trembler les hyper individualités chinoises et coréennes (Rookie et TheShy sont coréens).

Mention spéciale pour les T1, qui seront les seuls à faire plier le genou au géant chinois lors de la dernière game de la phase de groupes, les privant par la même occasion d’un nouveau record.

Happy Games

« Lorsqu’on joue contre des équipes moins fortes, on essaie de jouer des parties… plus marrantes… et on joue un peu plus pour le fun. » Cette phrase, prononcée par Ning et issue du très bel article de Kien Lam Go Crazy, Go Stupid, relate le mieux le caractère de l’équipe des Invictus Gaming.

Le jungler avait d’ailleurs avoué que si on le voyait pick Kayn, il fallait s’attendre à une Happy Game. Comme si, pour rajouter un peu de challenge à une compétition où ils surpassaient tous leurs adversaires, ils s’autorisaient à jouer des picks et compositions plus… exotiques. Ce que n’ont d’ailleurs pas manqué de remarquer les fans de League of Legends lors de leur match contre les vietnamiens de Phong Vu Buffalo. 50 kills en 34 minutes : le match le plus sanglant de ce MSI et un bonheur pour l’expérience viewer.

Au prix regrettable d’un énorme cirque. Vous verrez peu de différences entre ce match et l’un de vos matchs de ranked, où votre mid insulte votre jungler au bout de 5 minutes et votre Yasuo en 0/7/0 décide de prioriser le blue buff au baron.

Invictus Gaming champions du monde

TheShy, Ning, Rookie, JackeyLove et Baolan jouent ensemble depuis mai 2017 et ont commencé à sur-performer dès 2018, avec le succès qu’on lui connaît en fin d’année.

Invictus n’avait jamais rien gagné avant les Worlds 2018 ; ni la LPL, ni un MSI et ni les Worlds. Malgré une suprématie en LPL en 2018 (18-1 au Spring et au Summer Splits), ils s’étaient toujours inclinés face aux champions en titre : Royal Never Give Up. Ces derniers étaient, avec kt Rolster, les favoris des Worlds 2018. Menés par l’hypercarry Uzi, RNG a roulé sur la concurrence l’année dernière, remportant dans l’ordre le Spring Split de la LPL, le MSI 2018, les Rift Rivals et le Summer Split. Il ne leur restait qu’à remporter les championnats du monde pour finaliser le grand chelem.

Mais c’était sans compter sur l’Europe qui a mis un terme au rêve de la structure chinoise. Victoire 3-2 des G2 Esports en quarts de finale lors d’un BO5 haletant. Débarrassés de leur nemesis, Invictus Gaming renverra tour à tour kt Rolster, G2 et Fnatic dans leur région respective, défaits.

2018 sacrera une équipe chinoise, mais pas celle attendue, faisant mentir les meilleurs analystes et pronostiqueurs.

La LPL, un nid à talents

La région chinoise ne rameute pas les fans internationaux, c’est une certitude. Il suffit de voir les faibles chiffres de la chaîne LPL sur Twitch pour s’en assurer. Pourtant, pour ceux qui se donnent la peine de la regarder, c’est une des régions les plus agressives et compétitives de League of Legends.

Pour vous en assurer, je ne peux que vous proposer de regarder l’interview du caster de la LPL Clement Chu réalisée par Ashley Kang. Il livre des analyses intéressantes de la supériorité chinoise sur League of Legends.

Les parties à rallonge, où les kills se débloquent au bout de la 30e minute (hello les LCS), avaient fini, au fil des années, par me dégoûter de la scène compétitive. C’est véritablement la région de la LPL qui m’a redonné envie de regarder du League of Legends compétitif. De l’agression constante, autant de kills que le match Phong Vu Buffalo contre Invictus Gaming (50 morts en 34 minutes) : c’était ce dont j’avais toujours rêvé. Les joueurs chinois sont avides de sang et n’ont pas peur de prendre des risques qui s’avèrent – ou non – récompensés. C’est une chose qu’on ne peut pas leur retirer.

Pour avoir regardé la quasi totalité des matchs de la LPL, je peux vous assurer que le top 8-9 était capable de prendre n’importe quel top 3 des autres régions compétitives de League of Legends.

Invictus Gaming a réussi à se défaire de tous ses opposant aux playoffs, et c’est dire si leurs adversaires étaient redoutables !Ils remportèrent par la même occasion leur premier Spring SPlit de la LPL, quelques mois après leur premier titre de champions du monde. Les étoiles s’alignent pour le club chinois.

Forgés dans les flammes ardentes de la LPL, l’équipe menée par Rookie arrivera sans aucun doute à gagner sa place pour la grande finale du MSI, contre G2 ou SKT. Dans tous les cas, je place ma pièce sur Invictus Gaming.

Et tout cela n’est que le début de ce qui s’annonce être l’ère de la Chine sur League of Legends.

Crédit image à la une : Invictus Gaming

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