La Confédération allemande du sport olympique ne reconnait pas l’esport comme un sport

La Deutscher Olympischer SportBund (DOSB), soit la confédération allemande des sports olympiques, a rejeté la reconnaissance du sport électronique comme un sport. Selon le président de la DOSB, Alfons Hörmann, l’esport est “aussi peu sportif que du tricot ou la flûte à bec”.

Alfons-Hörmann-esportsCredit : Président de la DOSB, Alfons Hörmann – © John Macdougall (sid / AFP)

En juillet 2017 le parti d’Angela Merkel (CDU) s’était prononcé en faveur de la reconnaissance et de la valorisation de l’esport. D’ailleurs en février 2018, le gouvernement allemand avait même continué à soutenir le développement du sport électronique sur leur terre. Des discussions avaient eu lieu pour s’entendre sur reconnaissance de l’esport comme un sport. Une nouvelle qui a suscité plusieurs spéculations quant à un avenir joyeux en Allemagne. Au point d’imaginer que ce mouvement en faveur de l’esport pourrait faire pencher la balance en faveur de la présence de l’esport aux Jeux olympiques. Voire d’être une discipline olympique à part entière. C’est le cas pour la prochaine édition des Jeux d’Asie du Sud-Est (SEA Games), qui a intégré l’esport, en tant que discipline officielle et médaillée.

Malheureusement, cet espoir fut anéanti par la DOSB, qui avait refusé de considérer l’esport comme un sport. Estimant que le terme “sport” dans le mot “esport” est trompeur. Il ne retranscrit pas les mêmes réalités que l’activité sportive. En d’autres termes, pour la DOSB, le sport est une pratique qui doit être assignée à une pratique d’effort physique. De ce fait, la DOSB préfère plutôt une autre appellation : l’eGaming.

Un pas en arrière pour la légitimité de l’esport

Lors de la réception du Nouvel An de la Fédération allemande, le président de la DOSB, Alfons Hörmann a rejeté à plusieurs reprises la reconnaissance du sport électronique comme un sport. Selon Hörman, l’esport n’existe pas sous cette forme. Ce dernier s’est d’ailleurs exprimé d’une manière très désobligeante à l’égard de l’esport (traduction française) :

« La secrétaire d’État au Numérique (Dorothee Bär) peut toujours dire : “L’esport est un Sport, point final !” Et nous formulons : l’esport n’existe pas sous cette forme, point d’exclamation ! Et ça n’entre pas non plus dans le programme olympique (…) Les jeux vidéo sont aussi peu sportifs que le tricot ou la flûte à bec (…) Ces passe-temps nécessitaient sans doute une certaine concentration et dextérité, mais ce ne sont pas à juste titre du sport. »

Des paroles très tranchantes qui ne sont guère rassurantes pour les joueurs comme pour les fans d’esport. La position du DOSB a un effet négatif sur la reconnaissance de l’esport dans la politique sportive, y compris dans une perspective olympique. De toute évidence, l’esprit d’équipe, l’esprit sportif et le fair-play ne sont pas les choses les plus importantes pour le DOSB lorsqu’elles parlent de sport. Par ailleurs, le ministère fédéral de l’Intérieur dirigé par la CSU, qui est responsable des sports, a déjà adopté la nouvelle définition du DOSB.

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Rédacteur freelance pour Connectesport • Community Manager et rédacteur chez Team Oplon

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