LoL Open Tour France 2019 – Retour sur la compétition avec les commentaires des coachs et managers

Le week-end du 6 et 7 avril prochain se déroulera la seconde étape du LoL Open Tour France 2019. Mais avant son arrivée, faisons rapidement un retour sur l’étape 1  via plusieurs témoignages des coachs et managers de la compétition.

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Comme présenté sur l’article dédié à l’Étape 1 de l’Open Tour, la seconde équipe League of Legends de Solary, Lunary, est sortie grande victorieuse du tournoi, battant la surprise de la compétition, Zephyr E-Sport. La bande de Narkuss a ainsi empoché 40% du cash prize (sur 10 000€), soit 4 000€ et 650 points au classement Open Tour.

Pourtant, bien que Lunary était dans le TOP 8 du Lol Open Tour France 2018, sur les réseaux sociaux, la communauté avait plutôt pronostiqué la victoire de Bastille Legacy, Team Oplon, Got2Game, BlackMICE Esports ou encore Elyandra eSport.

Les leçons à tirer de l’Étape 1

Afin de mieux comprendre les dessous de la première étape du circuit Open Tour, nous avons interrogé plusieurs coachs et managers qui ont terminé dans le dernier carré du tournoi.

Bastille Legacy, le favori du circuit

Pour commencer, nous avons interpellé le head coach de Bastille Legacy, Adrien “GotoOne” Picard.

Comme prévu, vous faites partie des favoris de l’Open Tour, et vous l’avez plutôt bien démontré lors de l’Etape 1. Même si vous auriez souhaité faire cette finale, qu’est-ce qui, selon toi, a péché pour obtenir la victoire face à Zephyr ? Manque de cohésion, mauvaise draft, ou juste des erreurs de jugement ?

Lors de notre match contre Zephyr nous avons sécurisé une draft qu’on connaissait bien, mais qui comporte des limites en termes de conditions de victoires ce qui nous a mis dans une position sûrement trop limitée et exigeante contre une équipe où nous sommes favoris. Ça a été notre première erreur. Et la seconde fut l’exécution de notre plan de jeu qui n’a pas été parfaite même si elle commençait bien !

Le fait que vous soyez considéré comme l’un des favoris au titre ne pèse pas trop sur les épaules des joueurs ? Un stress qui pourrait justement jouer en leur défaveur ?

Ça dépend sous quel angle. Les joueurs sont très pros et exigeants envers eux-mêmes, du coup ils ont tendance à se mettre de la pression individuellement, mais elle n’est pas forcément nocive si elle est bien utilisée et encadrée. On vise et travaille sur le “long run”, sur l’année. La première étape est souvent la plus dure à gérer niveau émotionnel, mais faut garder la tête froide et regarder le tableau dans son ensemble pour bien travailler !

Quelle est l’équipe qui vous fait le plus peur, en prenant en considération les compositions des équipes, et les résultats de la première étape ?

Aucune équipe ne fait vraiment peur. Je pense qu’il faut d’abord regarder et se concentrer sur sa propre équipe, sur soi-même. On n’est pas à un niveau assez élevé pour agir purement avec des plans de jeu qui contrent certaines équipes donc il faut toujours prioriser son style de jeu et exploiter ses propres forces. Une fois qu’on sera stable et au niveau on pourra commencer à regarder nos adversaires.

La composition de Bastille Legacy

Rôle Prénom “Pseudo” Nom
Toplane Manuel “JeanDidierGnar” Soares
Jungle Leo “Asha” Deseuste
Mid Nicolas “Decay” Gawron
ADC Manuel “Seelame” Guillou-Delair
Support Steeve “Akutsune” Bernard

Zephyr E-Sport, la grande surprise

Continuons à en apprendre plus sur les équipes en interviewant le finaliste de la première étape de l’Open Tour, Zephyr. Pour en savoir plus sur eux, rien de mieux que de contacter le head coach du roster Victor “Farrhell” Vimard.

Malgré les pronostics, aucune personne n’aurait misé une pièce sur ton équipe. Pourtant vous avez réussi à battre les favoris et à atteindre la finale. Par quelle magie cela s’est fait ? Frappii a-t-il tant apporté que ça au niveau du leading de la partie ?

Premièrement, Zephyr est une structure relativement jeune qui ne s’est pas installée sur la scène LoL Française avec des équipes forcément très compétitives ce qui fait qu’on a toujours tendance à être sous-estimés bien que notre équipe actuelle soit l’une des plus solides du circuit.

Ensuite, l’un des principaux points qui nous faisaient défaut jusqu’à présent c’était un manque de confiance qui entraînait trop d’hésitation. C’est exactement ce que Frappii a su booster en très peu de temps en apportant un leading parfois stratégique, mais surtout humain au sein de l’équipe ce qui a galvanisé tout le monde et a permis aux joueurs de jouer sans aucune barrière.

Vous avez affronté Lunary, la confrontation fut assez tendue, car la finale s’est terminée sur un 2-1 en leur faveur. Qu’est-ce qui a manqué à ton équipe pour atteindre la victoire ? De l’expérience, de la patience, une bonne draft ?

Tout d’abord, les drafts sont toujours améliorables, j’aime bien les comparer aux mécaniques des joueurs. Tant que tu n’es pas Kkoma, tu peux progresser et typiquement le matchup Jarvan contre Riven au top n’était pas optimal dans la dernière game.

Toutefois, je pense que ce qui a principalement manqué dans la finale c’est de l’expérience, on a une équipe jeune et rester concentré pendant presque 8 heures d’affilée est très très dur pour de jeunes joueurs. Également, le format de BO3 est un format qu’on n’a jamais fait en match compétitif. En face de nous, les vieux briscards de Lunary ont une endurance à toute épreuve et ont fait plus de BO3 qu’on peut compter, c’est clairement ce qui a joué en leur faveur.

En même temps, il faut passer par là et les joueurs ont engrangé une expérience importante qui leur servira les prochaines fois.

Tu dois être fier de tes joueurs, et la structure a de la chance de vous avoir. L’objectif, c’est d’entrer en LFL ?

En effet, je suis super fier des joueurs et eux même sont fiers d’eux. Dire maintenant qu’on vise la LFL serait aller un peu vite en besogne et nous mettrait une pression qu’on ne veut pas avoir. Ainsi, pour le moment on a deux objectifs :
– Trouver un sponsor pour nous permettre de nous entraîner dans les meilleures conditions possibles (bootcamp?) et on espère que ce top 2 nous aidera dans cette recherche.
– Continuer de perf et prouver qu’on n’est pas arrivé en finale par hasard.

Si on arrive à remplir ces deux objectifs, je pense que la LFL sera envisageable et la suite logique. Mais je préfère voir ça comme une récompense plutôt qu’un objectif. D’ici là, on procédera étape par étape, match par match.

La composition de Zephyr E-Sport

Rôle Prénom “Pseudo” Nom
Toplane Teo “Octomalus” Bertiau
Jungle Theo “Findus” Fouassier
Mid ?? “??” ??
ADC Robin “Chroniikk” Mahu
Support Benoit “Benaset” Mergny

 

Got2Game, un gros concurrent au titre

Terminons sur notre tour d’horizon de l’Étape 1 en contactant l’ancienne line-up de Konix eSport, Got2Game. C’est le manager de l’équipe, Bronwie qui nous fait part de ses observations.

Considéré comme l’un des favoris au titre de champion de l’Open Tour, vous avez été éliminés par Lunary. D’ailleurs, LRB s’est vanté de gagner l’Open Tour sans avoir trainhard comme l’ensemble des autres équipes. Penses-tu que le niveau de l’Open Tour soit si faible que ça ?

Je ne pense pas que l’on puisse définir un favori pour l’Open Tour, je donnerais 4 ou 5 équipes qui sont au-dessus des autres et peuvent faire TOP 1 au vu du format en BO1. Lunary est un peu un cas à part qui regroupe des joueurs expérimentés qui en “faisant n’importe quoi” peuvent battre n’importe qui.

Lorsqu’on parle de votre équipe, on fait toujours un rappel à “ex-Konix”. Peut-on savoir en savoir plus sur G2G ?

G2G est une nouvelle structure sur LoL mais qui possède déjà une équipe sur Fortnite et souhaite s’étendre sur encore plus d’autres jeux. C’est une structure avec de grosses ambitions et qui compte bien se faire connaître sur la scène LoL.

En tant que manager ou coach de l’équipe, c’est quoi le plus dur à gérer dans une équipe ?

C’est très compliqué pour un membre du staff technique de gérer des joueurs ayant le moral au plus bas. Il est important d’être présent avec eux pour les rassurer, les conseiller et leur donner de la motivation.

La composition de Got2Game

Rôle Prénom “Pseudo” Nom
Toplane Vincent “Vince” Descaves
Jungle Patrick “Bloody” Zeng
Mid Mickaël “Vulca” R.
ADC Dorian “LaFleur” Gastaud
Support Christopher “Sengleur” R.

 

Le LoL Open Tour France 2019 a un niveau si faible ?

Narkuss-Open-Tour-France-2019Credit : Narkuss, par Aurore Tapie

Comme nous l’avions rappelé dans un précédent article, l’Open Tour est extrêmement important pour l’ensemble des talents français qui souhaitent être repérés par une structure professionnelle. Mais après cette première étape, le masque est tombé et a révélé plusieurs défaillances dans des équipes sensées être capables de rivaliser avec le bas du tableau de la Ligue Française League of Legends (LFL). Interviewé sur LoL e-sport, le célèbre jungler de l’équipe Lunary, Narkuss, a fait part de son avis sur le niveau du circuit et ceci sans langue de bois :

« Pour moi, on était favori car on était top 8 du LoL Open Tour France 2018 et vu que l’on est pas en LFL et que 8 équipes ont rejoint la ligue, c’était normal de réaliser un aussi bon résultat le week-end dernier.

Il y avait quelques bonnes équipes, mais elles se sont faites surprendre ou ont tout simplement mal joué contre des mix (des équipes créées pour l’occasion) et du coup, on s’est retrouvé un peu seul dans ce tournoi et on a gagné plutôt facilement.

[…]

Il y a beaucoup d’équipes dans le LoL Open Tour France qui sont intéressantes en terme de niveau et en terme de joueurs. Il y a l’équipe de Toucouille, de Gob, de Rhobalas, bref pas mal d’équipes qui ont un petit niveau et qui sont master/challenger. Le problème, c’est que les gens jouent comme en soloQ. Donc dès que tu as un plan de jeu ou que tu joues simplement mieux, tu gagnes. On a perdu qu’une seule partie en finale, on a un peu troll et nos adversaires ont plutôt bien joué en face. »

Par rapport à ce qui a été reporté, on pourrait en conclure que le niveau des équipes présentes à l’Open Tour 2019 est relativement moyen, voire faible, ou du moins pas assez compétitif pour titiller une équipe de la LFL. Comme l’a rappelé le manager de G2G “Lunary est un peu un cas à part, qui regroupe des joueurs expérimentés, qui en “faisant n’importe quoi” peuvent battre n’importe qui“.

Cependant, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Juger sur un seul tournoi peut être un peu trop hâtif sur un circuit. Il reste de nombreuses étapes, assez pour corriger l’ensemble des problèmes et améliorer la cohésion d’équipe et sa stratégie, pour ainsi éviter le problème de jouer “façon soloQ”. L’Étape 2 sera le moment de prouver que le niveau ne fait que progresser et démontrer que les line-up sont capables de détrôner le TOP 8 de l’Open Tour 2018.

En savoir plus sur l'auteur
Rédacteur freelance pour Connectesport • Community Manager et rédacteur chez Team Oplon

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