League Of Legends

C’est désormais officiel : Jian « Uzi » Zi-Hao, l’ADC le plus connu et respecté du monde prend officiellement sa retraite. La pratique intensive de League of Legends et les entraînements incessants ont eu raison de la santé physique du joueur.

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Uzi après sa défaite contre Fnatic aux Worlds 2019 (© Yicun Liu)

C’était la question qui reposait sur toutes les lèvres : Uzi reviendrait-il sur la scène compétitive de League of Legends après son break au segment de printemps ?

La publication d’une vidéo retraçant ses meilleurs plays il y a deux semaines sur son compte Youtube nous avait déjà mis la puce à l’oreille. Son absence dans le roster officiel du Summer avait été un autre signe avant-coureur, ses fans espérant quand même le voir changer d’équipe. Il n’en sera rien.

Très tôt ce matin, le club des Royal Never Give Up annonçait le départ à la retraite de son égérie.

Après huit années de travail acharné et de multiples blessures, le joueur avait décidé de se reposer pendant toute la durée du segment de printemps, sur avis médical – il revenait habituellement après le nouvel an chinois. Une décision qui sera finalement suivie par celle tant redoutée par ses fans du monde entier.

Sur Weibo, le joueur est revenu plus en détails sur les raisons de son départ. Uzi a un diabète de type II (survenu après le stress, une diète irrégulière et d’autres raisons). Après six mois d’efforts, entre des pertes de poids, un contrôle de son alimentation et de ses entraînement, rien n’a changé. Le joueur déclare aussi prendre des médicaments, qui ne lui permettent pas d’avoir un mental aussi clair qu’auparavant. Suite aux diagnostics des médecins, qui lui ont dit que s’il continuait ainsi il y aurait encore plus de complications, Uzi a décidé de partir en retraite anticipée.

Un parcours grandiose, sans titre de champions du monde

Uzi, c’est plusieurs titres de champions de la LPL, un titre de MSI, et deux regrettables deuxième place aux Worlds 2013 et 2014 de League of Legends (défaite 3-1 face à T1 et 3-0 face à Samsung White).

Avec RNG, Jian « Uzi » Zi-Hao avait presque réussi l’exploit du Grand Chelem sur League of Legends en 2018. Une première place au Spring et au Summer de la LPL, un titre de champion du MSI ; il ne lui restait plus que les Worlds pour terminer sa carrière en beauté.

Malheureusement, G2 mis un terme à ce rêve en quarts de finale des championnats du monde de 2018, qui seront remportés par Invictus Gaming, une autre représentante de la LPL. Les Worlds 2019 seront les derniers pour Uzi, vaincu par Fnatic en phase de groupes. Il n’aura jamais réussi à atteindre le Graal et soulever la coupe du monde.

Le joueur chinois restera dans les esprits un monstre mécanique et sa prestance sur les hypercarry n’avaient pour beaucoup jamais été égalée. Il s’était toujours refusé à jouer des mages ou des tanks en botlane, malgré leur puissance dans certaines meta. Vayne, Kog’Maw, Kai’Sa, Varus, Xayah et tous les « vrais » ADC restent sa signature.

We need a change ; Le débat sur la santé des joueurs plus que jamais d’actualité

Peut-être plus que tout autre, le corps d’Uzi avait été mis à rude épreuve durant sa carrière. En 2015 déjà, le joueur avait émis l’hypothèse d’un départ en retraite anticipé suite à une blessure à l’épaule. En 2019, la vidéo du partenariat entre la LPL et Nike nous avait prouvé à quel point le joueur était diminué par une pratique intensive de League of Legends. L’ADC le plus connu du monde avouait alors que lors d’un passage à l’hôpital, un médecin lui avait dit que ses bras étaient ceux d’un homme de 40-50 ans.

Si certains clubs ont bien compris la nécessité d’un encadrement sportif (et pas uniquement nutritionnel et psychologique), il semblerait que la Chine ait du retard en la matière. Les joueurs l’expliquent assez bien dans le documentaire.

La pratique extrême de League of Legends et les entraînements sans fin mettent à rude épreuve le corps des joueurs, ceux de LCK et de la LPL étnat probablement les plus touchés.

Plus tôt ces dernières semaines, c’est du côté de CS:GO que la sonnette d’alarme était tirée. Les retraits des piliers d’Astralis Gla1ve et Xyp9x suite à des symptômes de burnout mettaient déjà en exergue les impacts de la scène compétitive de CS sur les corps et les esprits des joueurs.

Ces départs à la retraite anticipés et retraits temporaires dûs à la fatigue, aux burn-out ou aux blessures sont des signes alarmants qui amènent à une prise de conscience dans l’esport. La recherche jamais inassouvie de succès et de victoires ne peut pas – ou plus – se faire au détriment de la santé des joueurs. We need a change, pour reprendre les mots de Kasper Hvidt, le directeur des sports du groupe Astralis.

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