League Of Legends

eStar, la nouvelle équipe de la LPL, connaît un début de split mémorable. Alors que personne ne les attendaient, ils se sont imposés face aux deux champions du monde FunPlus Phoenix et Invictus Gaming, et trônent à la première place du classement. Une entrée en matière qui n’est pas sans rappeler l’histoire des Griffin, qu’eStar semble vouloir écrire en Chine.

estar

En 2020, deux équipes chinoises devaient rejoindre la Lol Pro League, la ligue chinoise de League of Legends. Finalement, une seule équipe passera la difficile phase de recrutement sur dossiers : eStar.

C’est Liu « PDD » Mou, l’ancien joueur professionnel de League of Legends, devenu streamer star qui en est à l’origine. L’ex-toplaner des Invictus Gaming est propriétaire depuis 4 ans de la structure Young Miracles, qui a fait mûrir les meilleurs joueurs chinois du monde.

Parmi eux, des talents bruts comme Ming, le support des RNG, Knight, le midlaner de Top Esports et deux junglers au talent – et à la folie – inestimables : Ning et Tian, tous deux sacrés MVP des deux dernières finales des championnats du monde de League of Legends.

Pour répondre à l’appel d’offres et mettre toutes les chances de son côté, PDD s’est entouré du Wuhan Tourism Development Investment Group, société comme son nom l’indique de développement du tourisme en Chine. La même Wuhan qui a été le point de départ de la pandémie du coronavirus.

L’équipe est dévoilée au début du mois de janvier et fait le lien entre les rookies issus des Young Miracles, CJJ, Wei, rat et alu ; les joueurs remplaçants de Royal Never Give Up : Xiaobai, Cryin, Wink et ShiauC une pépite tout droit venue des Flash Wolves.

Une entrée fracassante en LPL

eStar aurait pu rester longtemps sous les radars des analystes si l’équipe n’avait pas battu dès la première semaine de compétition les champions du monde en titre, FunPlus Phoenix.

Les débuts de Khan – très vite remplacé par GimGoon – et une année épuisante pour FPX, qui a enchaîné sans discontinuer le Spring, le Summer et toute la compétition des Worlds, ont réduit la saveur de la victoire des eSatr. Un simple coup de chance.

Mais la suite du parcours des eStar nous a prouvé le contraire. Evidemment, tous les adversaires n’étaient pas du niveau d’un champion du monde : Rogue Warriors, Victory Five et LGD sont loin d’être des line up prétendantes aux playoffs. Mais des victoires face à Bilibili Gaming et Suning Gaming avaient de quoi mettre la puce à l’oreille.

Après avoir battu FPX, les joueurs d’eStar devaient affronter un autre mastodonte de la scène chinoise, peut-être bien plus effrayant compte tenu de leur forme et de leur potentiel d’agressivité et d’imprévisibilité : Invictus Gaming, qui a libéré JackeyLove et placé Baolan sur le banc des remplaçants et s’est attiré les faveurs de la botlane des Vici Gaming, Puff et Southwind.

Flop total pour IG, qui n’a pas usurpé son mythe. L’équipe est connue pour prendre tous les fights possibles, au détriment des objectifs, qu’ils soient en avance aux gold ou avec 10k de retard. Si la LPL est la région de l’hyper agressivité, Invictus en est la reine.

Une humiliation 2-0 très bien orchestrée par eStar qui parvient à prendre 53 kills pour seulement 6 morts.

A l’heure où ces lignes sont écrites, ils trônent à la première place du classement avec un score de 7 victoires pour une seule défaite. Les joueurs d’eStar n’auront échoué que face à EDward Gaming.

Une victoire pour PDD, qui a longtemps attendu son heure. Le nid à talents qu’était Young Miracles n’aura jamais réussi à atteindre la LPL. Un rêve d’autant plus difficile à réaliser quand ses multiples talents sont pillés par les autres structures, dont deux sont devenues championnes du monde et l’autre a failli être la première à réaliser le Grand Chelem en 2018.

Les rookies, principaux acteurs du renouvellement des ligues

Les équipes intégrant pour la première fois une ligue compétitive aussi compétitives que la LPL ou la LCK devraient subir de plein fouet l’entrée dans le bain face à des équipes vétéranes.

Pourtant, ces deux dernières années nous ont prouvé le contraire. Tout a commencé avec l’équipe des Griffin, qui a arraché avec panache sa place pour le Summer Split de la LCK en 2018, renvoyant paître au passage les dinosaures des Kongdoo et des MVP lors du Promotion Tournament.

Une qualification tout de suite suivie par une suprématie totale sur la LCK, en 2018 et en 2019. Une histoire qui n’aurait probablement pas pu voir le jour sans le système de promotion/relégation de la Corée du Sud.

Damwon Gaming et Sandbox Gaming suivront leurs pas dès le Spring split 2019, avec les excellents résultats que l’on connaît. En LCK, seule l’équipe des APK Prince, nouvelle venue en 2020, fait office d’exception à la règle (actuellement en 2-7 au classement de la saison régulière).

Les rookies d’eStar sont bien partis pour suivre eux-aussi la voie des Griffin et consorts. Mais la LPL reste la région la plus compétitive de League of Legends, et l’équipe de PDD n’est pas à l’abri d’un échec en playoffs, où le style de jeu des équipes est revu au sérieux.

Mais si l’aventure se poursuit aussi bien au Summer, eStar est bien partie pour raconter la plus belle des histoires… et PDD de prendre sa revanche sur la Chine.

Réagissez !

- Il n'y aucun commentaire pour le moment -