Peut-on parler d’un Rainbow Six Siege 2.0 ?

De l’arrivée tonitruante d’Evil Geniuses, il y a 6 mois, à celle de Ninja In Pyjamas, cette semaine, R6:S explose son indice d’attractivité dans le monde de l’e-sport.

NiP -Rainbow Six SiegeQuand les Ninjas en Pyjamas domptent les Dragons Noirs (©NiP)

Comme disait Monsieur Macron en janvier dernier : « France is back ! ». Il faut avouer qu’Emmanuel était bien content de voir que les projets d’investissements étrangers, dans l’hexagone, s’étaient mis à éclore, comme les fleurs au printemps. Mais à côté de Rainbow Six Siege, son bilan d’attractivité provoque un rictus. Puisque depuis plusieurs mois, la licence d’Ubisoft attise bien des convoitises sur tous les plans : financie et visibilité en tête. Car tels des chercheurs de pépites en quête de l’Eldorado, les structures e-sportives les plus prestigieuses ont investi une scène qu’elles ont pourtant longtemps boudée. Pour quelle raison ? Sûrement parce qu’elles attendaient de voir si la mine allait être fructueuse. Et finalement, il semblerait qu’elle le soit.

Lire aussi :  Millenium - Le film Hicks

Evil Geniuses en bon coyote

Le premier artisan à tracer le nouveau virage pris par R6:S fut incontestablement Evil Geniuses. Le 10 novembre 2017, la structure nord-américaine, en bon forty-niner, s’est mise à fouiller le sol de la Rainbow Six River. Son but ? L’orpaillage, ou comment mettre la main sur des pépites d’Or et s’enrichir. Oui, alors en phase embryonnaire, R6:S est apparu comme le futur enfant prodige. Si bien qu’avant de souffler ses trois bougies, et à quelques semaines de l’Invitational 2018, elles étaient toutes là, prêtes à adopter le prochain Messie de l’e-sport : Team Liquid, SK Gaming, voire Fnatic un peu plus tard.

Et aujourd’hui, du haut de ses 18 piges, NiP a fini par craquer à son tour en enrôlant les ex-Black Dragons. Appuyant ainsi la stat qui tue : lorsqu’on cumule les âges de toutes ces écuries à celles d’EG et de Faze Clan, on obtient une moyenne de 16 années d’expérience dans l’univers des compétitions de jeu vidéo. De facto, les 3 années de moyenne amassées par les structures qu’elles sont venues remplacer, semblent bien maigres. Comment un enfant de trois ans pourrait-il adopter un bambin de son âge ?

« Nous avons commencé à analyser la scène de R6:S vers la fin de l’année 2016. Nous avons étudié toutes les zones et celle qui nous a le plus attiré, c’est l’AmSud, en raison du niveau de compétition et des championnats déjà organisés dans la région. Cela concorde avec nos projets d’expansion que nous développons déjà en Europe et en Amérique du Sud », nous confiait Leandro Portela, manager de FaZe Clan et par conséquent rival de NiP dans le championnat brésilien.

Quelles retombées pour Rainbow Six Siege ?

« La Pro League Saison 8 marquera le début de Siege 2.0 ». La phrase est signée Milosh, commentateur de l’ESL. Et les mots sont justes. Toutes ces arrivées de structures réputées ont fait passer R6:S dans une autre dimension. Bien qu’il ait encore beaucoup à apprendre de ses ainés, notamment en matière d’e-sport. Ainsi, Alexandre Remy et son équipe de développeurs le savent : avoir des entreprises de l’acabit de Faze Clan, NiP, Team Liquid ou Fnatic à leurs côtés ne peut être que bénéfique pour la croissante visibilité de leur bébé.

Pour aller plus loin : le professionnalisme. Voici très exactement ce qu’apporte les clubs qui évoluent régulièrement dans les plus grandes compétitions internationales. De Dota 2 à Counter Strike en passant par League of Legends, ces dernières ont acquis un certain pouvoir économique en amassant les gros sous du sponsoring et des cashprizes. De quoi louer des locaux en guise de Gaming House, de verser des salaires plus conséquents, d’équiper comme il se doit leurs joueurs, d’offrir des staffs complets et un suivi de haute volée, e cetera. Alors, à tous ces avantages, R6:S a su répondre par un projet pilote récemment mis en place : une répartition des gains récoltés sur la vente de produits, in-game, à l’effigie de ces marques e-sportives.

Lire aussi :  Team Liquid - De poulain des mers à Cheval de Troie

L’Europe, ce village d’irréductibles gaulois

La diffusion accrue de la culture Rainbow Six Siege sur les réseaux sociaux ; Les plateformes de streaming ainsi que la visibilité des majors et une place légitime à la grande table de l’e-sport seront donc ultra-bénéfiques à tous les continents engagés. Tous… Sauf l’Europe ! Effectivement, et aussi incroyable que cela puisse paraître, le vieux continent — qui s’est montré être le meilleur en termes de résultats —, semble être boudé par les ténors de l’esport.

La raison officielle ? Il n’y en a pas vraiment, si ce n’est que : « Nous aimons les équipes européennes ! Mais pour Rainbow Six, nous avons décidé d’innover avec une équipe brésilienne qui a beaucoup de potentiel et des fans brésiliens qui sont uniques. Rien de comparable sur d’autres jeux », avouait le manager brésilien. Reste que le constat s’exprime de lui-même : deux formations de la Pro League européenne n’ont toujours pas trouvé d’emblème à représenter à moins de deux semaines du début du championnat.

Mais quoi qu’il en soit, à Leandro de conclure : « R6:S est la scène avec le plus grand potentiel de croissance aujourd’hui. Ce n’est que grâce à sa communauté et à toute l’équipe d’Ubisoft qui s’est montrée encourageante et innovante avec le jeu, ce qui est fondamental pour son succès. Nous avons tout ce dont nous avons besoin pour rivaliser avec CS:GO : le soutien du développeur, une communauté fantastique et de grandes équipes ». Une logique confirmée par SmartCast, qui place désormais R6:S dans la liste des jeux e-sportifs tiers 2 de son classement. Vous êtes prévenus, le plan Rainbow Six Siege 2.0 est en marche.

En savoir plus sur l'auteur
#R6ISLIFE, Life is crazy ! Chris «LuziTano» Lima | Journaliste eSport passionné de @Rainbow6Game @Ubisoft ✍️

Suivez le sur Twitter Suivez le sur Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.