Interview d’Erwan, journaliste esport chez ES1

Depuis quelques années, le monde de l’Esport évolue, s’accroît, et touche de plus en plus de monde. Que cela soit League of Legends, Heroes of the Storm, Overwatch, Fortnite ou PUBG, les métiers autour de nos jeux vidéos préférés sont nombreux. Ils attirent surtout beaucoup, en particulier celui de journaliste, que je décide de vous présenter aujourd’hui. J’ai eu récemment la chance de pouvoir interviewer Erwan, journaliste Esports chez ES1 (à l’heure où j’écris cet article) et pigiste chez beIN SPORTS. Grâce à cet article, vous découvrirez de plus amples détails sur le quotidien de journaliste esport, les difficultés du métier et des conseils sur les choix de parcours !

erwan journaliste esport

Toriah : Merci beaucoup d’avoir accepté cette interview aujourd’hui, dis-moi d’abord comment se passe ton travail ? Reçois-tu des directives des structures pour réaliser des articles et interviews, ou alors es-tu plus ou moins autonome ?

Il n’y a pas de journée type dans le sens où il y a toujours des choses différentes à faire. Chaque semaine, il y a deux jours clés chez ES1, qui sont le mardi et le jeudi. Chaque mardi est consacré aux émissions, qui peuvent être aussi des plateaux pour commenter des compétitions en cours, comme l’ESWC par exemple. Puis chaque jeudi, on a la grosse émission du Mag ES1, précédée d’un processus précis de création d’émission, et c’est le moment clé pour chaque contenu.

Il y a des tas de choses diverses à faire, et on ne s’ennuie vraiment pas du tout. Lorsque l’on fait des émissions avec des personnalités du monde de l’esport, on donne souvent des conseils aux téléspectateurs, donc il faut se préparer aussi sur la meta et on doit aussi travailler avec d’autres structures afin de faire un maximum d’émissions possibles. Mais en résumé, ce que je fais ressemble plus à des propositions qui amènent ensuite des décisions de la part des animateurs et de Bertrand Amar.

Qu’est-ce que cela implique de travailler pour deux structures ?

Surtout de bien gérer son emploi du temps, car c’est assez courant pour un journaliste de travailler pour plusieurs médias. Quand j’ai commencé mon stage chez ES1, j’ai proposé de filer un coup de main à beIN, avec lesquels on partageait les locaux. Petit à petit, je me suis intégré dans plusieurs projets et ça m’a permis d’avoir de l’expérience en plus. Cela rajoute forcément des deadlines, mais au-delà de cette gestion du temps c’est une grosse opportunité, parce que ça élargit énormément l’horizon de journaliste.

En tant que journaliste esport, suis-tu une méthodologie précise pour rédiger un article ?

J’avoue que ma méthodologie est venue toute seule. D’abord, j’essaie de déterminer mon angle d’approche, ensuite j’écris mon titre, puis je rédige l’intro et la conclusion. Ainsi, ça me permet de ne jamais m’éloigner de mon fil directeur, et en quelque sorte de m’imposer des limites. Enfin, je modifie toujours pour adapter, je rajoute des paragraphes, je change l’ordre etc.

Combien de temps passes-tu sur un dossier ?

Si on enlève la partie montage, je dirais qu’en deux journées pleinement consacrées à un seul dossier, on a quelque chose de très propre et de très travaillé. Choisir le sujet, les intervenants et tracer les grandes lignes prend une demi-journée, puis pareil pour ajouter des détails et faire les déplacements. Ensuite sélectionner les illustrations, faire les voix-off et le montage prend aussi une demi-journée. Pour ce qui est des articles web, un après-midi suffit pour être sûr que l’article sera bon.

Est-ce que tu considères qu’il y a un niveau minimum à avoir dans LoL, pour pouvoir devenir journaliste ?

Je suis un petit peu le concept de Silver-Caster, c’est-à-dire que j’ai beaucoup de connaissances sur le jeu. Certains joueurs très forts peuvent tout démonter en 1v1, mais en teamplay, ils peuvent ne pas assurer du tout. Par exemple, les shotcalls sont extrêmement importants, donc il vaut mieux comprendre le jeu avant de pouvoir le maîtriser. Dota me correspond peut-être plus, c’est certes mécaniquement moins poussé, mais le jeu se concentre sur la vision. C’est beaucoup de pression et de déplacement, et c’est assez intéressant de voir comment exploiter les signes in game.

Comment te projettes-tu dans l’avenir ?

Après l’expérience ES1/beIN, je pense passer en Freelance. Clairement, le statut le plus pratique à notre âge c’est l’auto-entrepreneur, car déjà les taxes sont moins lourdes et ça permet de se lancer plus facilement. Et puis trouver tout de suite un CDD/CDI dans un média est difficile, il faut faire des choix de vie et surtout savoir se vendre. Mais déjà dans le milieu de l’esport, on a la chance de pouvoir être assez libres dans la manière dont on exerce, et c’est un gros point positif. Le métier de journaliste est cependant très difficile, sachant que quand on commence on ne connaît pas vraiment le fonctionnement d’une rédaction. Tout se met en place petit à petit, soit tu deviens pigiste soit tu crées ton propre projet, comme Connectesport qui a été fondé par des gens qui ont la passion de l’esport, et qui ont eu la volonté de prendre cette initiative de création.

Qu’est-ce que tu conseillerais à quelqu’un qui veut devenir journaliste ? De faire des études spécialisées ou alors de se baser sur l’expérience ?

Récemment, la Paris Gaming School a ouvert ses portes, pour former des jeunes aux métiers de l’esport, donc ce n’est vraiment pas pris à la légère. Cependant, je ne conseillerais pas aux jeunes de se lancer là-dedans, le milieu est beaucoup trop jeune donc les formations axées sur l’esport ne sont pas assez nombreuses. Je pense qu’il faut plutôt attendre de voir l’évolution de ces écoles, et se concentrer sur des formations plus générales. Elles apprennent de toute façon des codes, et les expériences ajoutées à cela jouent une grande part dans le futur. Il faut se tester pour savoir ce qu’on peut faire, et pour savoir si on peut tenir sur la durée. Donc l’idéal serait de suivre des formations peut-être éloignées, mais qui laissent assez de temps à côté pour continuer à vivre de sa passion, tout en trouvant des liens entre sa formation et l’esport. Personnellement, j’ai fait une école de journalisme, en spécialité journalisme sportif, et suite à cela, je suis devenu stagiaire chez ES1. Mais je ne pense pas pour autant qu’il y ait de parcours type.

L’interview étant terminée, je remercie à nouveau Erwan pour toutes ses réponses sincères, et surtout au temps qu’il aura bien voulu me consacrer. J’espère que vous avez à présent plus de clés pour comprendre le métier de journaliste esport, et pourquoi pas pour avancer vers votre ultime idéal de vie.

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