Pourquoi Flash Wolves va remporter les Worlds 2018 ?

À l’aube de ce qui s’annonce être la compétition internationale la plus disputée de l’histoire de la scène professionnelle League of Legends, il est très dur de discuter des forces en présence sans prendre d’énormes pincettes, tant le niveau global semble plus resserré que jamais. C’est pourquoi nous allons aujourd’hui jeter ces pincettes au fond de la poubelle et annoncer fièrement quelle équipe va remporter ces Worlds 2018, et la réponse pourrait vous étonner…

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Flash Wolves, l’équipe surprise ? 

Pourquoi choisir Flash Wolves quand la rivalité Chine/Corée atteint son paroxysme cette saison ? Je vous vois déjà perplexe derrière vos écrans, et c’est pourquoi cet article existe : pour exposer tous les arguments qui font de l’équipe taïwanaise non seulement un candidat sérieux pour la victoire finale, mais également l’une des forces les plus inattendues de cette compétition. Alors, pourquoi Flash Wolves et pas une autre ?

Car l’équipe sort d’un summer split exceptionnel

C’est évidemment l’argument le plus évoqué mais également le plus démonté. Mais même s’il est possible de retourner cet argument dans tous les sens, il n’en reste pas moins un fait avéré : Flash Wolves a réalisé un summer split phénoménal. 14 BO gagnés pour autant de joués. Seulement 3 défaites en 31 matchs, et un écrasant 3-0 en finale de playoffs. S’il fallait retenir un seul split pour imager la domination sans partage de FW sur la LMS, ce serait assurément celui-là !

Mais je vous vois déjà venir, avec votre scepticisme. En effet, la LMS est certainement la région la plus faible des 5 régions majeures, notamment depuis la fin de la dynastie AHQ. Il n’empêche que ce split parfait de FW reste une performance exceptionnelle et surtout unique parmi les 5 régions majeures de la scène professionnelle LoL !

Car les Loups se sont enfin réveillés

La saison 2017 des Flash Wolves était à la limite du désastreux. Malgré un spring quasi-parfait, le MSI, dans lequel FW se qualifie de justesse devant TSM pour les demi-finales, reste une petite déception pour les taïwanais, mais c’est la deuxième partie de saison qui causa du tort aux multiples champions taïwanais. Flash Wolves n’aura jamais perdu autant de matchs que durant ce summer split 2017 : 11 défaites sur 33 matchs, soit 1/3 ! Malgré une victoire finale et une qualification directe aux Worlds, la tendance était mauvaise pour les Loups, et elle s’est confirmée après des Worlds 2017 catastrophiques. Placé dans un groupe à première vue abordable en tant que seed 1, l’équipe taïwanaise sortira des Worlds dernière de son groupe avec une seule petite victoire.

Avec une saison aux antipodes de ce à quoi FW nous avait habitué, il était légitime, début 2018, d’avoir peur de la suite des événements pour le principal représentant de la LMS. Il répondit pourtant d’une très belle manière au MSI, en finissant second de la phase de poules, à égalité avec le futur champion RNG.
Plus tard, pendant la phase de poule des Rift Rivals, FW gagnera ses deux matchs de seed 1, contre RNG et FW tout de même ! De quoi tenir les fans taïwanais en haleine avant d’entamer ces Worlds.

Car FW a une des équipes les plus équilibrées au monde

Ça y est, Flash Wolves semble enfin avoir trouvé la recette secrète. Celle qui leur permet enfin d’avoir un roster capable d’aligner plusieurs combinaisons de 5 joueurs de niveau international, en alliant à la fois fougue de la jeunesse et sagesse des expérimentés.

De l’expérience, il y en a, et même plus qu’il n’en faut ! Comment ne pas citer les deux pionniers de Flash Wolves, qui ont tout vécu avec leur équipes : Maple et SwordArt, tous deux arrivés en même temps, seulement quelques semaines après la création de la structure. Présents lors des 3 Worlds, 3 MSI et 2 Rift Rivals disputés par Flash Wolves, les deux taïwanais ont acquis un bagage très sérieux en termes de compétitions internationales, d’autant plus qu’ils ont toujours été considérés parmi les meilleurs joueurs du monde à leurs postes. Respectivement classés 15ème et 7ème du top 20 Riot des joueurs du Mondial, les deux joueurs forment une base extrêmement solide sur laquelle FW devra s’appuyer pour aller le plus loin possible durant la compétition.

Mais le reste de l’effectif des Wolves n’est pas en reste, loin de là. L’ADC de l’équipe, Betty, a lui aussi passé toute sa carrière dans sa structure actuelle, que ce soit en équipe junior, ou en équipe une depuis 2016. Betty est un joueurs aux mécaniques largement supérieures à la moyenne, qui détient d’ailleurs le record du 1er joueur Taïwanais à atteindre le 1er rang du classement SoloQ coréen. Arrivé en équipe une lors de l’IEM Oakland, dans lequel il perdra la finale 3/2 face à UOL, il est depuis considéré comme un joueur très régulier, toujours présent quand il faut. Même s’il n’est pas aussi médiatisé que les grandes stars à son poste que sont Uzi, Deft, Ruler et autres, Betty a la capacité de rivaliser avec eux, d’autant plus qu’il est épaulé par l’un des meilleurs joueurs du monde.

2 toplaners accompagnent également l’écurie taïwanaise : MMD et Hanabi. Les deux sont, comme leurs homologues présentés au-dessus, des inconditionnels des Flash Wolves, chez qui ils ont passé toute leur carrière. MMD pris la place de titulaire en Décembre 2015, avec la lourde tâche de succéder à l’emblématique Steak, ce qu’il fit de très belle manière ! Joueur de tank principalement, il resta titulaire principal jusqu’au Spring 2018, où l’arrivée d’Hanabi redistribua les cartes. Ce dernier, friand de carrys, est devenu le toplaner principal de l’équipe, avec pas moins de 73 matchs disputés, contre seulement 16 pour MMD.

Un grand point fort de l’équipe réside dans le fait que chaque joueur présenté jusqu’ici ont tous un point commun très important : ils ont toujours joué pour et avec les Flash Wolves. Ils connaissent parfaitement la structure et la structure les connait parfaitement. La synergie des Flash Wolves est certainement l’une des meilleures au monde, si ce n’est la meilleure. Et quand on sait à quel point l’entente entre les joueurs compte pour qu’une équipe fonctionne correctement, on peut comprendre la domination exceptionnelle de Flash Wolves sur la LMS, et, pourquoi pas bientôt, sur le monde.

SwordArt, considéré comme l’un des meilleurs supports du monde 

Car l’écurie innove de manière risquée, mais payante

Retour en Janvier 2018. Les Flash Wolves viennent coup sur coup de prendre deux énormes rochers sur le crâne. Le premier coup vient de l’énorme désillusion des Worlds 2017, dans lesquels FW sortirent dernier de la phase de groupe avec une seule maigre victoire. Le deuxième est asséné au retour des Worlds par l’emblématique jungler de l’écurie taïwanaise, Karsa, qui décide de quitter le multiple champion de LMS pour aller tenter l’aventure du côté du champion chinois RNG (pour la réussite qu’on lui connait), devenant ainsi le premier joueur taïwanais à quitter son pays natal pour aller tenter l’aventure dans une autre région. Flash Wolves, sonné, venait de perdre son métronome, son maître à jouer, le seul n’ayant pas perdu pied lors des précédents Worlds. Il fallait maintenant remplacer l’un des joueurs les plus emblématiques de tout un pays, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’était pas une mince affaire, surtout pour une équipe qui n’a enregistré qu’un seul import dans toute son histoire : Kkramer, en 2015.

L’équipe a donc tenté un pari fou, celui de ramener au continent un petit jungler peu connu de la scène mondiale, à l’expérience très faible mais au potentiel très grand : Moojin ! Si ce dernier a en effet commencé sa carrière avec des Wolves, ce ne sont en revanche pas les Wolves dont on parle depuis le début, mais bien les Dark Wolves, une ancienne équipe de CK, la deuxième division coréenne. Après son court passage en Corée, le jungler décida de partir en direction d’une équipe européenne pleine de promesses : Team Red Bulls. Malheureusement, après une défaite dans la rencontre décisive 3/1 face à Schalke, l’équipe fut dissoute et chaque joueur prit un chemin différent. C’est à ce moment là que Flash Wolves décida de prendre Moojin sous son aile (ou plutôt son pelage). Et le pari est clairement gagnant ! Avec d’excellentes performances, Moojin rentre parfaitement dans le grand costume laissé par son illustre prédécesseur, au point d’être aujourd’hui le nouveau métronome des FW. Il va vivre ses premiers Worlds après avoir vécu sa première expérience internationale au MSI, et au vu de ses performances là-bas, on peut s’attendre à du très haut niveau pour le joueur coréen.

Car Flash Wolves sont les <<Koreans Slayers >> 

Ce dernier point représente en grande partie la légende qui existe autour des Flash Wolves, qui a une fâcheuse tendance à se vérifier au fil des années. En effet, le multiple champion taïwanais est considéré comme le tueur de coréens en personne. Cette légende, qui n’en est qu’à moitié une, vient de la puissance des différentes équipes coréennes, qui font d’elles des équipes quasi-injouables pour tout adversaire non-coréen. Parmi eux cependant, une équipe arrive régulièrement à tirer son épingle du jeu, en remportant à plusieurs reprises au fil des ans un ou plusieurs matchs face à la meilleure équipe de l’histoire : SKT. Plus récemment, FW aura même réussi à faire déjouer les fameux King-Zone Dragon X durant le MSI et le Rift Rivals 2018. Au total, ce n’est pas moins de 12 victoires que l’écurie taïwanaise aura réussi à acquérir face aux ogres coréens en 4 saisons. C’est plus que presque n’importe quelle autre équipe dans le monde, en dehors des équipes coréennes. Seul RNG fait mieux ! Avec une nouvelle confrontation contre une très grosse équipe coréenne dès la phase de groupes des Worlds, Afreeca Freecs, on peut s’attendre à de nouvelles surprises venant des Flash Wolves. D’ailleurs, coïncidence ou non, la pire performance des FW aux Worlds s’est faite la seule année où l’équipe n’avait aucun adversaire coréen dans son groupe… Si ce n’est pas un signe du destin !

Les défaites coréennes sont toujours éprouvantes pour les spectateurs… et pour les joueurs

Conclusion : Flash Wolves, pourquoi pas, mais…

Effectivement, cet article peut paraître très optimiste sur les chances qu’a le champion taïwanais de remporter la plus grande compétition de l’histoire de League Of Legends, surtout lorsqu’on connaît les montagnes qu’il devra franchir s’il souhaite atteindre le Saint-Graal. Aussi, il me semble nécessaire de recentrer le propos avec un peu plus d’objectivité : non, Flash Wolves ne fait pas partie des grands favoris au sacre final comme RNG, IG, KT et consorts. Elle se trouve une case en-dessous, avec les différents outsiders que sont Gen.G ou Fnatic. Mais, comme il a été précisé en introduction, ces Worlds 2018 sont, sur le papier, les Worlds avec le niveau global le plus serré que l’on ait pu voir depuis le début de la scène professionnelle League of Legends. Alors, après avoir vu les coréens, les coréens et encore les coréens triompher, pourquoi ne pas revenir aux sources, à la toute première grande surprise que les Worlds nous ont offerts ? Il y a 6 ans, une équipe tout droit sorti de Taïwan, avait remporté les Worlds alors que personne n’en attendait autant de leur part, alors pourquoi l’histoire ne pourrait-elle pas se répéter ?

En savoir plus sur l'auteur
Rédacteur eSport League of Legends et parfois Hearthstone. Aussi Dragofus ou Tiboloulou

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