La Pro League sous un air de Coupe du Monde

Avec sa septième édition des Pro League Finals, ce week-end, R6:S tournera une nouvelle page de son histoire e-sportive.

Pro League - Rainbow Six - Ubisoft©Ubisoft

Dans moins d’un mois se jouera la 21ème Coupe du Monde de Football. En Russie, les plus grands pays du ballon rond seront rassemblés devant la quasi-moitié du globe. Du spectacle, des émotions, des vainqueurs, des perdants, des surprises, et un trophée remis à la meilleure équipe planétaire. À une échelle moindre, mais dans le même contexte, Rainbow Six Siege fêtera également un rassemblement mondial, les 19 et 20 mai prochains. L’occasion pour nous de faire le lien entre sport traditionnel et électronique. Alors, si les principaux acteurs d’Atlantic City étaient des nations du foot, qu’est-ce que cela donnerait ?

Rogue — La Seleçao das Quinas

Que peuvent bien partager l’écurie du Nevada et le pays des 3F (Fado, Football, Fatima) ? Le destin, tout simplement. Et plus particulièrement l’éternelle place de l’outsider. Avant de décrocher l’Euro 2016, le Portugal avait terminé ses aventures dans l’ultime carré de cinq compétitions internationales. Une preuve de régularité qui n’empêche pas les pronostiqueurs d’écarter la formation de Fernando Santos – champion du dernier Euro donc —, de la liste des potentiels vainqueurs en Russie.

Il en est de même pour Rogue. Semi-finaliste de la Pro League nord-américaine en Saison 6 et lors du Six Invitational 2018, la formation conduite par Easilyy remportait son premier titre continental en battant Evil Geniuses courant avril. Pourtant, lorsqu’on évoque les favoris du futur major d’Atlantic City, aucune trace de la firme de Las Vegas. Alors ? Défaite habituelle en demie ou parcours « dégueulasse » — bonjour François Launais — jusqu’au titre final ?

NORA Rengo — Les Blue Samurais

Depuis 1998 et le sacre des bleus à St Denis, le Japon a systématiquement envoyé ses hommes au deuxième événement sportif le plus diffusé au Monde. Et sur cinq rendez-vous, le pays d’Olive et Tom a passé deux fois le premier tour. Si les Japonais ne sont pas des foudres de guerre balle au pied, ces derniers peuvent donc parfois déjouer les pronostiques. Et ce, à force de talent, de rigueur tactique et d’un esprit collectif exemplaire.

Dans le même sens et conviée aux festivités mondiales de R6:S depuis la fin de 2017, la nation nippone a toujours répondu présente. Les APAC Finals, la Pro League Saison 6 et le Six Invitational 2018 ont effectivement reçu l’équipe d’Eins, qui dominait jusque là sa région. Mais ces derniers se sont ramassés contre Fnatic aux récentes qualifications Océano-asiatiques. Qu’à cela ne tienne, à Atlantic City, un ninja tout frais prendra sa place. Et si Olivier Atto-nora Rengo était ce prodige japonais qui s’en allait gagner la Pro League Saison 7, face au Brésil de Carlos Santanamuringa ?

Penta Sports — Entre Mannschaft et Roja

La Selección espagnole peut se targuer d’avoir plusieurs records probants à son actif. Le plus impressionnant ? Son triplé Euro-Coupe du Monde-Euro. Oui, de 2008 à 2012, 79 % de la péninsule ibérique dominait la planète foot, sans aucune contestation. Et à l’heure actuelle, Penta Sports domine aussi son art d’une main de fer. Avec une certitude : le triplé PL-Six Invitational-PL ne sera pas possible, puisque l’écurie allemande a laissé filer la sixième édition, au profit d’Ence. Mais l’esprit est là. Des 4 derniers majors ayant pris place, Penta en rapatriait 3 vers son domicile.

Comme si cela ne suffisait pas, Penta Sports partage d’autres points communs avec l’Espagne. La soif de vaincre du Real Madrid qui peut — hypothétiquement — remporter sa troisième Ligue des Champions consécutive et le style de jeu du FC Barcelone. Le fameux Tiki-taka, basé sur la possession du ballon, jusqu’à trouver la faille dans les 30 derniers mètres. Un gameplay caractérisé sur Rainbow Six par une violente prise de contrôle de la map et une affligeante adaptabilité, alliée à une exécution soignée. Enfin, comme l’Allemagne (le pays où réside la structure), Penta est champion du Monde en titre. Jusqu’à quand ?

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Evil Geniuses — L’Albiceleste

À l’image de la sélection argentine, Evil Geniuses possède de nombreuses stars de la scène dans ses rangs. Et lorsqu’elle lui empreinte son aura guerrière, ponctuée de victoires symboliques, cela produit l’une des formations les plus redoutables. Puisqu’au même titre que la nation aujourd’hui conduite par Lionel Messi — qui remportait deux tournois majeurs en 78 et 86 —, les joueurs d’EG ont réalisé le doublé Pro League et Six Invitational en 2017.

Autre similitude frappante : les deux équipes sont les finalistes vaincus de la dernière Coupe du Monde et du Six Invitational 2018. L’Argentine s’étant incliné contre l’Allemagne et EG ayant perdu face à Penta Sports, qui est… Allemand ! La revanche à Atlantic City, dès les quarts de finale, promet donc d’être spectaculaire. Et si le scénario de Montréal se répète — Evil Geniuses remportant les deux premières cartes —, ce serait bien les Américains qui continueraient l’aventure, le match se jouant en BO3.

FaZe Clan — O Canarinho

Comment évoquer le groupe d’Astro sans penser aux Auriverdes ? Du skill individuel proche des dribles d’un Ronaldinho, des offensives non sans rappeler le football Samba de Telê Santana et des Top joueurs à foison, qui composent une équipe s’installant d’office comme un favori du tournoi. Le roster officie conjointement depuis presque un an. Et cette stabilité lui permet de rivaliser avec le gratin mondial.

Seul tâche au tableau : une virginité en termes de titres mondiaux. Depuis la Saison 5, les joueurs de FaZe Clan se sont toujours inclinés face au futur vainqueur du tournoi. Si le pays de Neymar est le recordman des Coupe du Monde remportées (5), celui-ci n’a jamais conquis la moindre Pro League. Même pas en novembre dernier à São Paulo, sur ses terres. La fin d’un jeûne dès ce week-end ?

Millenium — Les Bleus

Il y a eu les 2 coups de tête gagnants de Zidane en 98, le retourné acrobatique de Trezeguet en 2000 et Yunktis en Saison 2. Qu’est ce que ce dernier vient faire dans la liste ? Il s’agit simplement de l’unique parcours français couronné de succès en Pro League Rainbow Six. Même si, à l’époque, il n’y avait que l’Europe et l’Amérique du Nord qui participaient, réduisant ainsi l’effet de « meilleure équipe du Monde ».

Et si, après tout, Millenium était la réincarnation de tous ces succès tricolores ? Comme l’Équipe de France à son Euro 2016, l’écurie violette sort d’une finale continentale perdue. Et pareillement à Didier Deschamps qui a su rajeunir et fortifier son groupe, la branche e-sportive de Webedia s’est vue dotée d’une troupe rénovée, efficace et solidaire. À Atlantic City, Millenium retrouvera une escouade brésilienne. Celle qui lui avait fait tant de mal à Cologne. Serait-ce l’occasion de les battre et de ressortir « I will Survive » ?

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Fnatic — Les Socceroos

Plus qu’une nationalité, le roster australien et les Socceroos partagent une statistique : un seul saut depuis la phase de groupe d’un mondial. En 2006 et assortie d’une troisième participation, l’Australie rejoignait l’ultime stade de la Coupe du Monde. Un parcours similaire à celui des Fnatic qui vivaient leur heure de gloire au Six Invitational 2018. Suite à ses victoires sur Room Factory et Team Liquid, les anciens Mindfreak accédaient aux quarts, surpassant ainsi toutes les attentes placées sur la région.

Ce week-end, les hommes de Magnet auront, par ailleurs, un objectif supplémentaire à celui d’obtenir leur premier titre de champion de Pro League. Cette ambition, c’est de prouver que le géant Fnatic a fait le bon choix en les enrôlant. Et dans un remake du Mindfreak-Team Liquid de l’Invitational, tout reste ouvert.

Team Liquid — Les Diables Rouges

La Team Liquid, sur le papier, c’est à peu près ça : un amas de skill, de potentiel, de l’agressivité, du clutch de qualité, des Aces à gogo, Neskgwa, et cetera. De quoi nous pousser à en attendre beaucoup de la part de la line-up. Mais comme la Belgique au Brésil en 2014 et à l’Euro 2016, son parcours pourrait bien s’arrêter en quarts de finale. Sur un bon vieux 6-5/6-5 en faveur des Fnatic.

Un scénario décevant qui s’est souvent appliqué aux Belges ces dernières années. Possédant également des joueurs évoluant dans les meilleures équipes du Monde, mais sans confirmation sous le maillot national. Pour les deux protagonistes, à chaque fois, on s’attend à un feu d’artifice. Mais seul vient l’incroyable silence d’un pétard mouillé. Une raison pour ne pas croire aux chances des Liquid à Atlantic City ? Sûrement pas. Cette saison, l’hippocampe s’est réveillé et pourrait vivre cet événement comme celui de la consécration.

Une pensée pour Ence — La Squadra Azzura

Le Champion de Pro League en titre, qui n’avait jamais manqué une phase finale en 6 éditions, sera absent. Un coup fatal pour les Nordiques, du même acabit que la non-participation de l’Italie, 4 fois championne du monde, à la Coupe du Monde en Russie 2018. Un drame. Allez Ence, « Bella Ciao, Bella Ciao, Bella Ciao, Ciao, Ciao » !

En savoir plus sur l'auteur
#R6ISLIFE, Life is crazy ! Chris «LuziTano» Lima | Journaliste eSport passionné de @Rainbow6Game @Ubisoft ✍️

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