Esport

Il y a quelques temps, le gouvernement avait chargé deux parlementaires de présenter un travail permettant à l’État de légiférer sur la question de l’eSport. Le sujet étant de plus en plus important dans notre société à travers de nombreux évènements, l’État a pris le sujet à bras le corps.

parlementaires

Leur travail avançant de manière concrète, le sénateur Jérome Durain et le député Rudy Salles ont accepté de se rendre sur le plateau d’O’Gaming. Ils y dévoilent quelques pistes et donnent un aperçu de l’implication de l’Etat sur cette question de l’eSport. : argent, sport, statut, avenir, et bien d’autres sujets.

Présentation de la mission

Le 18 Janvier,  le Premier Ministre, Manuel Valls, donne une lettre de mission aux deux parlementaires épaulés par un inspecteur générale des finances. Leur rapport doit être remis fin Avril mais un premier pré-rapport sera rendu à Axelle Lemaire ce vendredi 25 Mars.

Durant ces trois premiers mois, ils ont rencontré plus d’une centaine de personnes ; des professionnels du jeu vidéo, des institutions, mais aussi des ministres. La mission a pour but de débloquer la situation autour de l’eSport sur deux axes: régulation et développement.

La question des compétions de jeux vidéo avait déjà été soulevé dans le projet de loi République Numérique notamment sur l’article 42. Il faut savoir que ces propositions ne restent que des propositions. A la fin des fins, c’est le gouvernement qui tranchera.

Durant une heure, les deux parlementaires ont répondu à un certain nombre de questions.

l’eSport est-il un jeu d’argent ?

Pour poser cette question était présente Kelly Marini, représentante de la Lyon eSport.

De fait les compétitions de jeux vidéo sont interdites car assimilées à des loteries. La Lyon eSport et toutes les autres compétitions ne sont en fait qu’une tolérance. La question du jeu d’argent est donc centrale. Il est nécessaire pour le développement de l’eSport de rendre les compétitions légales. Il faut qu’il y ait une législation claire pour que des investissements se fassent de manière légale.

Pour répondre à ce problème, les parlementaires proposent de réglementer la part de l’apport des joueurs au cashprize et ceci va déterminer la catégorie de la compétition. Il y aurait donc dans le rapport trois catégories de compétition dont les deux premières qui, par définition, ne seraient pas concernées par les jeux d’argent : Online gratuit, Online qualificatif à une compétition physique, et le Offline avec Cashprize, dernière catégorie et seule à devoir être réglementée par la proposition ci-dessus.

Les organisateurs pour rentrer dans un cadre légal devront également présenter un budget prévisionnel de leur événement qui sera ensuite examiné.

Question des fédérations

Le système de fédération n’est pas représentatif du monde de l’eSport car il y a une multitude d’acteurs et notamment les éditeurs qui ne peuvent entrer dans ce système. Le ministère de tutelle le plus probable serait le Ministère de la jeunesse et des Sports. Plutôt que réinventer un cadre, le plus logique est celui du sport et les analogies avec le sport sont nombreuses malgré les résistances de ce ministère. Et bien évidemment si l’eSport intègre ce ministère de tutelle il  faudra que des acteurs du milieu le représente dans cette structure institutionnelle.

Il y a désormais une volonté des élus locaux de faire bouger les choses pour créer des évènements eSports car ils participent à l’image de la ville. L’image de l’eSport n’est pas bonne dans les mentalités par manque de connaissance du domaine. Rudy Salles souhaite par ailleurs développer des événements dans sa propre ville (Nice). Il y a tout un travail de pédagogie sur ce qu’est l’eSport.

Les statuts

Néo, fondateur de Team Vitality, était également présent et directement concerné par ce sujet. Pour les parlementaires il est nécessaire de structurer et de sécuriser les activités des joueurs. Pour le moment le statut des joueurs c’est du bricolage. Les revenus d’un joueurs pro restent totalement aléatoires. L’analogie avec le monde sportif est une fois encore assez évidente. Il existe déjà des contrats CDD permettant un cadre législatif dans le monde sportif.

Le problème de Visa est également central pour des équipes professionnelles, et les actualités de joueurs ne pouvant jouer à cause de VISA refusés sont nombreuses. Ce problème existe car il n’y a pas de statut de joueur. Ce problème de Visa serait réglé par un statut des joueurs. Les règles actuelles, assez anarchiques, ne permettent pas un développement notamment sur la question des transferts. Le contrat sportif est le plus proche pour répondre aux préoccupations actuelles.

CSA et droits télévisés

Le CSA qui parait très ferme est tout de même favorable à la levée de certaines contraintes concernant l’eSport. par exemple citer un jeu video dans une émission peut sembler être de la publicité camouflée. Le CSA est prêt à assouplir sa réglementation à ce sujet concernant l’eSport.

Autre point lié à la télévision et au CSA : Pegi. Là aussi le CSA est prêt à assouplir son règlement au sujet de l’eSport.

Questions diverses

A été abordée la question des subventions en cas de rattachement au Ministère de la jeunesse et des Sports. L’Etat ne s’engagerait pas mais les collectivités locales par la mise à disposition de salles, matériel, etc. Beaucoup de villes seraient intéressées par l’eSport car source de revenus indirects.

La question de l’éducation a été mise en avant mais à cela les parlementaires ont expliqué que cela ne devrait venir que dans un deuxième temps. Le plus important aujourd’hui est d’apporter un cadre légal à l’activité eSportive avant de voir les questions des filières éducatives.

 

Rudy Salles et Jérôme Durain ont conclu en expliquant que l’un des plus gros chantier de leur étude est de faire comprendre le milieu des compétitions des jeux vidéos et de faire évoluer l’image de l’eSport qui est couverte d’incompréhension mais aussi de méconnaissance.

Le sujet reste donc à suivre jusqu’à la remise du texte final au gouvernement.

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